Accident à Ankazobe : Des morts et aucun responsable
30, 20 ou combien de morts ? Les autorités n’arrivent pas à s’accorder sur le nombre des décès survenus dans l’accident d’un gros car à étage à une centaine de kilomètres de la capitale sur la route de Mahajanga.
La confusion sur les statistiques vient en fait de la gravité de l’accident et l’absence d’une quelconque statistique sur le nombre réel des passagers alors que le long car était complètement calciné.
Parti lundi matin de Soavinandriana (environ 120 km à l’ouest de la capitale), le car transportait des membres de la jeunesse chrétienne de l’église protestante réformée FJKM. Quand on sait que les membres de cette section sont âgés de 6 à 18 ans, on comprend pourquoi des jeunes, des enfants et même des nouveaux nés ont péri dans cet accident, des parents ayant préféré accompagner leurs enfants pour le grand synode national des jeunes FJKM prévu se tenir à partir de ce jour à Mahajanga.
La confusion ne porte pas seulement sur le nombre des passagers qui ont embarqué mais sur l’état du véhicule. Les mécaniciens soutiennent avec véhémence que le car était en parfait état de marche et que si accident était survenu, ce ne serait qu’à la suite d’un sabotage. Des témoins rapportent que dès Imeritsiantosika (environ 40 km à l’ouest de la capitale), la voiture a dû subir des réparations puis à Antananarivo.
C’est vers minuit que le drame s’est produit sur une pente. « Le chauffeur n’arrivait pas à engager sa vitesse, le moteur s’est alors éteint. Manifestement, le système de freinage a lâché et le car reculait de plus en plus vite avant de tomber dans un ravin. Après 3 ou quatre tonneaux, le véhicule s’immobilisait à environ 15 mètres plus bas », raconte à la presse le pasteur responsable de cette section à la FJKM.
Les secours se sont tant bien que mal organisés au petit matin. A midi, le couple présidentiel accompagné de plusieurs ministres conduits par le Premier ministre débarque à l’hôpital HJRA Anosy présenter leurs condoléances aux familles des victimes et apporter leur soutien aux nombreux blessés. Puis vint Marc Ravalo-
manana en tant que président du parti TIM et non en tant que président du comité de célébration du 50ème anniversaire de l’église FJKM. L’autre force politique majeure du pays qu’est le Mapar n’a pas raté l’occasion pour se faire valoir en réclamant la tenue d’une enquête sérieuse sur cet accident.
A l’horizon 2018, les formations politiques ne pouvaient, en effet, que profiter ce triste évènement pour montrer combien elles sont proches de la population, de ses heurts et malheurs. Sur les lieux du sinistre, le ministre des Transports, Benjamina Ramanantsoa, déclare qu’une enquête sera engagée et la sanction sera sévère. Au complexe hospitalier d’Anosy, le Premier ministre Olivier Solonandrasana consolide les déclarations de son ministre.
A quelques détails près, les réactions sont pratiquement les mêmes que lors de l’accident survenu à Anjozrobe. C’était le 28 janvier 2017. 47 personnes avaient alors trouvé la mort et on avait fait les mêmes déclarations. Mais jusqu’à présent, aucun responsable n’a été désigné et certainement, ce sera le cas pour ce nouvel accident meurtrier.
Les déclarations du Premier ministre et de son ministre des Transports ne constitueraient, en réalité, que de promesses vaines car nos routes n’ont eu de cesse de tuer depuis qu’ils sont aux affaires. Ce n’est peut-être pas, leur faute si les gendarmes et policiers de la route laissent passer en toute liberté les taxis-brousse moyennant 2500 pauvres francs à chaque contrôle. Il est pourtant de leur responsabilité de faire imposer la loi à leurs collaborateurs et d’apporter les mesures correctives aux lacunes. A Antananarivo, il existe seulement 4 ou 5 centres de contrôles techniques pour au moins la moitié du parc automobile de Madagascar. Doit-on s’étonner si la corruption s’installe et se développer à grande échelle ?
Sa