EDITORIAL : Misère !
C’est donc la rentrée, au sens large du terme. En tout cas, un constat émerge : partout c’est la morosité qui s’impose. Une morosité ambiante qui inquiète l’opinion et les observateurs. Jadis active, bouillonnante, la vie politique de l’île est aujourd’hui au bois dormant. Que s’est-il donc passé ? D’abord, le régime n’a rien à proposer aux Malgaches : rien, zéro ! Ensuite, les bailleurs de fonds privés et institutionnels regardent, tout simplement et souvent avec résignation, le malheur, la misère de Madagascar. On ne cesse de le répéter : l’île est irrécupérable, voire « insauvable ». Sa cause est-elle perdue ? Peut-être oui, peut-être non. Curieusement, on n’entend plus parler du GEM ou du SIM.
Quoi qu’il en soit, beaucoup ne perdent pas espoir, car il faut réunir toutes les forces, toutes les convictions pour que ce pays puisse se redresser. Et il va certainement rebondir. Mais quand et comment ? L’espoir est mince, cependant il existe. C’est l’essentiel. Le gouvernement est, néanmoins, dans l’expectative, car il est à court de projets, à court d’argent. L’île tourne en rond, avant peut-être de couler.
A force de s’enfoncer, elle finira par trouver du diamant, du rubis, de l’uranium, du cobalt, du pétrole en abondance. Parallèlement, nos chercheurs, nos agriculteurs, nos artisans s’attèlent à promouvoir notre économie, malgré les faibles moyens dont ils disposent. Toutefois, il faut faire preuve de persévérance. Cependant, il faut regretter le misérable budget réservé à la recherche et au développement qui pourtant forment le moteur de la relance de l’économie.
Dans tous les cas, sans l’aide des bailleurs de fonds internationaux et du secteur privé local, les opérateurs économiques locaux ne peuvent s’épanouir. L’Union européenne, le FMI, la Banque mondiale etc., se désolent du silence, de l’indifférence des acteurs économiques quant aux initiatives à prendre afin de booster le développement malgache. Souvenons-nous de cette récente déclaration en aparté d’un responsable du FMI, selon laquelle les milliardaires malgaches feraient mieux de construire des PME-PMI au lieu d’élever inutilement des villas avec piscine, d’acquérir des 4x4 dernier cri, de passer des vacances à Paris …
Malheureusement, les investisseurs nationaux préfèrent l’agréable au détriment de l’utile. Le patriotisme économique n’existe pas à Madagascar, contrairement à nos frères marocains, nigérians, sénégalais ou mauriciens. Ici, on se laisse aller. Misère !
Franck Raharison