Groupe Assist / AGF Import : La fraude porte sur 2 millions d’euros

Conformément à ce que nous avions annoncé dans notre article d’hier (Fraude monétique à l’import : le groupe Assiste pointé du doigt, en page 9), le groupe Assist et son fondateur, Alain Moyon, n’ont pas tardé à nous faire parvenir un droit de réponse (lire en page 9). C’est le droit le plus absolu de la personne citée dont ses chargés de la communication ont longuement insisté, hier en fin d’après-midi, pour que le droit de réponse paraisse ce jour. La raison invoquée serait d’apporter les éclaircissements tant que le sujet est encore dans l’esprit des gens. Mais en analysant les évènements, ce droit de réponse serait plutôt destiné au juge chargé de l’instruction du dossier.

Cette affaire de fraude monétique pour l’importation d’alcool et de cigarettes serait, en effet, déferrée ce jour au tribunal. Manifestement, le droit de réponse viserait à disculper Alain Moyon de toute responsabilité car selon lui, «Lucien LLINARES ne fait plus partie du groupe ASSIST depuis début 2016, ni en qualité d’associé, de client ou de fournisseur. Il n’y a plus le moindre intérêt entre L.Llinares et A.Moyon dans aucune des sociétés. AGF a été locataire dans l’immeuble ASSIST pendant quelques années mais ASSIST ne peut être tenue responsable des agissements de ses locataires ».

On ne peut prédire la perception du juge d’instruction. Mais le journaliste que M. Moyon accuse de manque de professionnalisme a fait ses recoupements auprès du registre du commerce dans lequel il est établi que L. Llinares et A.Moyon demeurent officiellement des co-associés au sein de la société AGF Import. Celle-là même qui aurait fort devant la justice malgache au regard des faits.

Pour une importation de cigarettes et d’alcool d’une valeur de

2 millions de dollars, AGF a utilisé la carte bancaire d’un ressortissant tanzanien du nom de Hassan Zuma Nguku. Jusque-là, il n’y a rien d’anormal sauf que d’une part, AGF a emmené sur place le TPE (terminal de paiement électronique) immatriculé à son nom pour des paiements à Madagascar et d’autre part, le titulaire tanzanien de la carte nie catégoriquement la transaction.

Rien que pour avoir utilisé un TPE pour enregistrer une opération à l’extérieur du pays, AGF devrait répondre d’au moins 3 chefs d’accusation : violation du code des changes et de la convention sur les cartes de crédit requérant l’utilisation d’un code d’autorisation de la banque, et interdisant l’usage des appareils en dehors du territoire national, ainsi que de la réglementation du commerce hors taxes. Qui plus est, le montant de l’opération d’un montant de 2 millions d’euros est largement supérieur au seuil autorisé par Visa.

On serait fixé ce jour sur cette opération que d’aucuns qualifient de fictive pour pouvoir récupérer de l’argent. La banque du titulaire de la carte fraudée, Barclay’s, a notamment porté plainte contre cette opération qui aurait été déjà tentée contre d’autres banques en vue d’extorquer de l’argent sur des opérations fictives et frauduleuses.

L’opération est tellement compliquée qu’il est a priori difficile de savoir si la justice malgache a les capacités nécessaires pour la traiter. Cela n’empêche pour autant pas le juge de scruter en profondeur les tenants et aboutissants de cette affaire qui sent à cent lieues la contrebande, donc la fraude et la corruption. Et de se faire peut-être une idée précise sur Alain Moyen qui a dû se présenter à plusieurs reprises devant les tribunaux malgaches.

Sa

Commentaires   

0 #1 Pascal Martin 31-08-2017 19:27
Encore ce monsieur Alain Moyon qui défraie la chronique. Tous les procès dont il est à l’origine depuis son arrivée à Madagascar témoigne de sa malhonnêté.Une licence duty free obtenue on ne sait comment, des importations en franchise de taxes, servant à alimenter les restaurants et les boites de nuit de la Grande Ile, et j’en passe.On peut aussi s’interroger sur certaines décisions de justice rendues en sa faveur, comme la saisie effectuée sur le site d’Ambatovy.Ce monsieur sent le souffre, et n’est pas représentatif de bonnes pratiques commerciales.Concernant ses relations avec Lucien Llinares, il se moque du monde en affirmant ne plus être en affaire avec ce monsieur, qui a été DG de Assist pendant plusieurs années et qui demeure son ami. AGF est une filiale de Assist, et Alain Moyon touche les dividendes de ce business douteux.J’ai entendu certains vazas se plaindrent de ce monsieur qui se dit homme d’affaires, mais qui n’est en réalité qu’un mafieux aux pratiques d’un autre temps.
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