Honoré Rakotomanana : Déshonoré par sa plainte
Honoré Rakoto-manana a porté plainte contre la directrice générale (Lalatiana Andrianjafy Andriantogarivo) et deux journalistes du quotidien Free News, pour publication de fausses nouvelles, dénonciation abusive et complicité. Il est reproché aux intéressés d’avoir publié un article annonçant qu’Honoré Rakotomanana est le propriétaire d’un grand immeuble en construction. Honoré Rakotomanana possède une triple casquette : magistrat, sénateur et enseignant. S’il était contrarié par cette information erronée, il aurait pu faire preuve d’élégance en donnant une leçon inaugurale de droit du journalisme. Il aurait pu se satisfaire d’un démenti formel. Il aurait pu se contenter de la médiation déjà entamée. Cela aurait permis d’encourager ce mode alternatif de règlement des litiges. Au lieu de cela, Honoré Rakotomanana a préféré porter plainte. Il a préféré se comporter en homme politique rude obéissant à des injonctions politiques absurdes. Il faut dire que les journalistes du Groupe Free dérangent le régime avec les vérités qu’ils assènent chaque jour à travers leurs articles de presse et leurs émissions radiophoniques. A travers sa plainte, Honoré Rakotomanana veut s’en prendre à la fois à Free News en tant qu’outil médiatique et à Freedom en tant que parti politique. Il veut faire d’une pierre deux coups. S’accrochant désespérément à son poste, Honoré Rakotomanana a cessé d’être un homme de paix. Il a fait le choix de délaisser la passion pour le droit au profit d’une allégeance au régime. Après avoir inspiré des milliers d’étudiants en droit à l’Université d’Antananarivo, il déçoit, exactement comme Jean Eric Rakotoarisoa, cet autre enseignant en droit qui est aussi le Président de la Haute Cour Constitutionnelle. Ni l’un ni l’autre ne pourront retourner à l’enseignement supérieur avec dignité. Certains anciens étudiants d’Honoré Rakotomanana se souviendront de lui comme étant un personnage aimable et timide doué d’une mémoire phénoménale pour les articles de loi. D’autres retiendront qu’il a mal supporté d’avoir été renvoyé du Tribunal Pénal International pour le Ruanda en raison de son incompétence en 1997 et que vieillissant mal, sa mémoire l’a lâché, au point d’oublier les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression.
Ranary et PN
Commentaires
Et si c’est le but, ça ne sert à rien. Ce sont les puissants même qui enseignent comment on donne des reponses evasives, trier les infos, et imposent des censures, et auto-censures.
Ca n’a jamais servi de leçon apparemment.
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