Réforme de la Constitution : Une précipitation capricieuse…
Si jusqu’ici aucun politique n’a admis la réforme de la Constitution avant la présidentielle, tous ceux qui ont émis un commentaire sur le sujet sont unanimes : ce n’est pas une priorité. Toutefois, aucun d’eux ne conteste qu’une réforme soit nécessaire. « Notre Constitution a été votée pour la période de transition même si ça devrait être la feuille de route qui détermine cela. Ce qui vient à dire qu’elle n’est pas faite pour la gestion de la IVème République », affirme Pierrot Rajaonarivelo du Mouvement pour la Démocratie à Madagascar (MDM). Ainsi, le parti ne contestera pas une éventuelle réforme, poursuit-il. Mais le président du parti remet en cause la date cogitée par le régime cogite. « La question est comment et quand doit se faire la réforme en question », a-t-il souligné.
Pour le Parti social-démocrate (PSD), dont la secrétaire national est Eliane Bezaza, la déclaration est similaire. « Le fait que le régime veuille apporter des modifications signifie qu’il veut prolonger son mandat », d’après cette dernière. D’après les spéculations, c’est l’article 46 dans son alinéa 2 qui déclare que « Le Président de la République en exercice qui se porte candidat aux élections présidentielles démissionne de son poste soixante jours avant la date du scrutin présidentiel… » qui est au centre de la révision. « Or, ce dont ont besoin les citoyens en ce moment, c’est une stabilité », poursuit-elle. De plus, on admet qu’une révision de la Constitution devrait avoir lieu. « Mais pourquoi un référendum constitutionnel maintenant ? », se demande-t-elle.
Hier encore, tout comme le PDS et le MDM, Jery Lavitra ho an’i Madagasikara (JLM) s’est aussi rangé du côté de ceux qui sont contre la réforme constitutionnelle avant les échéances électorales déjà prévues pour l’année prochaine. « Aucune révision de la Constitution n’est admise », selon son président, Rado Ratobison. Son argument s’est fondé sur le fait qu’« Aucune révision de la Constitution ne peut être initiée, sauf en cas de nécessité jugée impérieuse », précisé par l’article 161. Et on se demande aussi si modifier l’alinéa 2 de l’article 46 est une nécessité impérieuse. Du côté de la CENI, son président Hery Rakotomanana a aussi précisé que pour le moment, la commission ne se focalise que sur la préparation de la présidentielle.
Annie N.