Edito : Du provisoire au définitif

Un pont bailey sur la route nationale 7 s’est affaissé sous le poids d’un poids lourd probablement qui excède la charge supportée par le pont. Un pont Bailey censé être provisoire par définition, mais devenu définitif comme tant de choses a cédé. Faut-il attendre qu’un pont s’affaisse pour que les utilisateurs respectent les charges limites supportées par les ponts, pour que la police de la route applique strictement les lois et codes de la route? Il faut croire que la manie est d’attendre qu’il y ait mort d’hommes pour agir. On se souvient des deux accidents mortels sur la petite rocade de la francophonie, on se souvient même de l’annonce selon laquelle l’Etat prendrait en charge toutes les dépenses pour le décès lors du premier accident.

Ne pouvant ou ne voulant pas tout prendre en charge chaque fois qu’il y a un accident mortel sur cette route, ils ont installé des casseurs de vitesse presque 1 an après son inauguration et ont laissé le talus sur lequel chaque voiture a fini sa course mortelle dans son état après accident soit par inertie soit pour rappeler à qui l’oublierait ” ici ont péri des personnes qui ont roulé à plus de 120km/h”! Certains diront que cette portion de route est hantée! Aujourd’hui, les regards sont focalisés sur le pont de Vohiposa qui s’est affaissé, mais tous les jours des regards inquiets sont portés sur toutes les routes appelées nationales ou passent des usagers qui prient chaque fois pour ne pas laisser leur vie tant l’état de la route et des ponts laisse à penser qu’un accident arrivera. Il en est ainsi à titre d’exemple du pont de Tongobory sur la RN10, tout comme le pont d’Ambohimandroso sur la RN7 et beaucoup d’autres.

Ce n’est plus un secret pour personne, le provisoire devient définitif ici et les infrastructures définitives sont considérées comme telles même 50 ans après, donc sans aucun entretien! Doit-on alors s’étonner de l’état de délabrement avancé de nos infrastructures routières? Chacun est responsable à son niveau : les usagers, la police de la route, l’exécutif mais cette dernière en profitera à coup sûr pour faire par la suite des inaugurations en grande pompe, question de faire de la propagande. Ne dit-on pas que le malheur des uns fait le bonheur des autres? Pour le moment on ne peut que plaindre les usagers bloqués quelque part dans un endroit classé zone rouge à devoir faire soit des transbordements, soit trouver d’autres solutions, soit rouler dans l’eau s’ils ont des 4×4. Cette fois alors, la réparation de ce pont relèvera des projets présidentiels (?) ou du ministère des travaux publics?

Anais T.

Ajouter un Commentaire