CHRONIQUES DE N. RAZAFILAHY : Un système en marche vers la sortie…
Après la série des vindictes populaires, les manifestations de protestation au nom des libertés démocratiques, le pays vit maintenant sous le cycle infernal et criminel des attaques d’une cruauté terrifiante d’un banditisme qui défie pratiquement les forces de l’ordre. Les violences s’étendent un peu partout et deviennent d’une banalité scandaleuse parce que la force publique est quasi dépassée par les évènements. Et ce n’est pas la faute aux forces de l’ordre. Pendant tout ce temps dans la capitale au niveau du pouvoir central, on est plutôt préoccupé par les niaiseries des débats sur l’éventualité de révision d’une constitution conçue pour berner tout un peuple. L’objectif visé en 2010 était de mettre en place un arsenal juridique sur mesure pour un D.J qui, après l’ivresse de la Révolution Orange avait tenu à jouer absolument dans la cour des grands. Sans succès…
De là, actuellement à vouloir justifier un toilettage institutionnalisé de l’assemblage de contradictions pour durer sous prétexte de rendre meilleurs les instruments légaux pour gérer le pays, il y a comme une fausse-vraie arrière pensée pour viser la longévité d’un système. Même si quelque part on s’évertue à nier l’évidence des calculs démagogiques mis en place avec finesse et séduction. Il n’y a que ceux qui veulent bien être dupes qui sont bernés et acceptent se servir de caisse de résonnance à un engagement finalement solitaire pour ne pas dire en solo. Il suffit de lire entre les lignes des médias d’ici et d’ailleurs pour comprendre que si « le débat fait rage entre la presse pro-pouvoir en faveur d’une révision et la presse d’opposition qui appelle même à la démission du président en cas de « non » au référendum », c’est parce qu’à l’approche de la fin d’un mandat mal parti, le moment n’est pas du tout indiqué pour tenter des modifications des règles du jeu. Quels que soient les motifs évoqués… Même si les parlementaires seront appelés à contribuer avant de passer par un référendum. Dans une dépêche de RFI, on peut constater que « plusieurs associations de la société civile, dont l’Observatoire de la vie publique, la Constitution contient effectivement des imperfections. Mais à la veille des élections de 2018, ce n’est plus le moment de toucher à la Loi fondamentale, estiment certains. » Ces observateurs ne sont pas les seuls à être convaincu de la pertinence de ce refus qui entraîne un lever de bouclier quasi général. L’électoral autochtone n’est pas très attiré par les urnes à cause des résultats des votes que la masse a eu du mal à accepter par le passé, malgré les avis favorables d’une communauté internationale aux attitudes pas très claires.
Echaudée par les turpitudes mesquines de la basse politique lors de la Transition, l’opinion ne veut plus rien entendre même si au sein du pouvoir les nécessités administratives de doter les collectivités de base d’un aura de pouvoir légitime sont mis en exergue. D’abord la masse est convaincue que les hommes au pouvoir actuellement n’ont jamais fait preuve de suffisamment de soucis dans le sens des intérêts supérieurs de la nation et de tout un peuple relégué à figurer dans le peloton de queue des pays les plus à plaindre de la planète alors que le pays recèle des richesses légendaires. Surtout que les administrés n’ignorent rien des dérives institutionnelles qui ont permis à l’équipe en place de s’enrichir de manière illégale et dans la corruption la plus complète avec arrogance. .. Un changement intempestif de la Loi Fondamentale reste et demeure suspect aux yeux d’une population. Durant une conférence de presse préparée pour, le président Hery Rajaonarimampianina en soulevant les risques que pourrait entraîner le maintien d’un article 47 de la Constitution n’a fait qu’irriter davantage les objections défavorables vu les circonstances et les réalités nationales ambiantes. Rien que pour cette première quinzaine du mois de septembre, il ne s’est pas passé une journée sans que les bandes armées des voleurs de zébus ne terrorisent les paysans de l’arrière-pays jusqu’à oser remonter vers des agglomérations qui se trouvent à moins d’une journée de la capitale en voiture. Il se trouve donc, que la fin du mandat du président Hery prévu pour le 29 janvier 2019 n’est pas du goût des hommes au pouvoir qui trouvent que le très court délai pour les préparatifs ne convient pas du tout à on ne sait quels enjeux non avoués ? Toujours est-il que même si élection présidentielle il y a, les risques d’une dégradation de la situation en général et de l’ambiance dans les contrées lointaines en particulier ne doivent pas être ni négligés, ni sous-estimés. Les derniers exploits des dahalos dans les parages de Zazafotsy, d’Ihosy jusqu’aux limites de la circonscription de Betroka sont loin d’être rassurants. Organiser un référendum dans de conditions pareilles sans l’aval de tout un peuple oppressé et terrorisé, c’est complètement foncer tête baissée vers l’abîme de la fin de la mauvaise gouvernance.