CHRONIQUE DE RAZAFILAHY : Les acteurs en scène, que le spectacle commence !

Feu Me Francisque Ravony dans un moment d’euphorie avait dit un jour devant la presse stupéfiée : « la politique est comme une scène de théâtre où les acteurs montrent leur talent suivant une distribution des rôles qu’ils doivent jouer… » Lorsqu’il était le Premier ministre du président Albert Zafy, le ton franchement rigolard et l’air moqueur, il tournait en dérision les faiblesses de ses pairs. C’était l’époque de l’inauguration des pratiques politiciennes dites à géométrie variable. Faisant fi des obligations des mandats impératifs les parlementaires surtout changeaient de camp suivant les espèces sonnantes et trébuchantes et autres privilèges de séduction que l’exécutif offrait…Ce passé franchement malsain nous revient à l’esprit avec ce tête-à -tête de Marc Ravalomanana et du Pr. Albert Zafy.

Cette rencontre largement exploitée par une certaine presse, faisait surtout l’objet de railleries médiatiques moqueuses de ceux qui ne manquent de voir dans cette visite tactique contre nature on ne sait quoi de malsain. Rien pourtant ne semble avoir filtrer de cet entretien…Malgré le tapage fait autour de l’évènement. A noter qu’avec les évènements insurrectionnels de 1991, de manière occulte Norbert Lala Ratsirahonana, président de la Haute Cour Constitutionnel de l’époque facilite l’accès du Pr. Albert Zafy à la Magistrature Suprême. Vers la fin de l’année 1996, une Assemblée Nationale pourtant à majorité Hery Velona Rasalama (pro-Albert Zafy), comme un seul homme avait retourné casaque à la faveur d’une motion d’empêchement contre l’homme de la Villa la Franchise pour permettre à Norbert Lala Ratsirahonana Président de la Haute Cour Constitutionnelle de devenir Premier ministre et Chef d’Etat par intérim sans passer par les urnes…Puis après le retour en 1998 de Didier Ratsiraka à la tête de l’Etat après élection présidentielle, vers le début de l’an 2002 avec la complicité de quelques magistrats parjures et engagés politiquement, après moult acrobaties juridiques un « coup d’Etat judiciaire », sous la houlette d’un certain Norbert Lala Ratsirahonana toujours, une conjuration aidée par des officiers parvient à obliger l’Amiral Didier Ratsiraka à quitter le Palais présidentiel d’Iavoloha, avant de partir en exil sur les bords de la Seine. Vers la fin de l’année 2008, le même Norbert Lala Ratsirahonana soutient le mouvement de la Révolution Orange d’Andry Rajoelina jusqu’à ce qu’il arrive à   amener les Hauts Conseillers de Magistrats d’Ambohidahy, à légalise un coup d’Etat, rien qu’avec une simple lettre de la HCC pour propulser le jeune D.J à la présidence de l’Autorité de la Transition après avoir manipuler les militaires pour obliger Marc Ravalomanana lâcher le pouvoir. La série ne s’arrête pas là. Plus tard, lors de l’avènement de la 4ème République, avec toujours Norbert Lala Ratsirahonana dans les coulisses, la démarche des députés pour provoquer une déchéance du président Hery Rajaonarimampianina sera tenue en échec par un Pacte de responsabilités qui mettre en sourdine les turbulences des parlementaires vis-à-vis du pouvoir de contrôle de Tsimbazaza à l’endroit l’Exécutif. Jusqu’à rendre ces derniers inoffensifs et d’une soumission honteuse.

A l’approche de l’échéance électorale du mandat présidentiel commencé en 2014, la société civile ne cache pas sa méfiance. Norbert Lala Ratsirahonana est toujours service en coulisse, toujours prêt à perturber les jeux démocratiques. Les multiples ambitions pour la succession du président sortant se font très discrètes par crainte des bâtons dans les roues. On craint surtout les pratiques malsaines que pourrait utiliser un système déterminer à faire le vide dans les rangs des opposants en faveur du parti HVM et du candidat qu’ils vont placer sur la ligne de départ. Il est pourtant de notoriété publique, même s’ils ne s’affichent pas officiellement que les rivaux potentiels de Hery Rajaona-

rimampianina se préparent dans la discrétion. Ils roulent presque tous sous la bannière d’une refondation nationale pour ne plus laisser le pays subir les affres d’une mauvaise gouvernance qui avait marqué les années HVM au point de remettre sur le tapis les résolutions de Conecs du 26 novembre 2016. Il sera désormais question de respecter scrupuleusement à savoir «notre Constitution ainsi que les lois en vigueur au pays » et que « les fonctions au service des institutions ne doivent plus constituer une source d’enrichissement illicite ni un moyen de servir des intérêts privés… »   Pour eux, l’exercice du pouvoir devra se borner « à extirper le mal pour soutenir la recherche du bien-être du peuple ». Un à un, ces prétendants et pourquoi pas aussi des prétendantes finalement vont entrer en scène et c’est au peuple de séparer le bon grain de l’ivraie. Telle que se présente le climat politique de toute l’île, il est toutefois permis de faire preuve d’un pessimisme et   d’un scepticisme prudent quant aux chances de succès d’un candidat qui n’a fait que promettre, promettre et toujours promettre tout en laissant son entourage se livrer à une recherche effrénée de l’enrichissement illicite aveugle et combien cynique et égoïste. Le public n’aura alors d’autre alternative que faire le bon choix en faveur du meilleur de ses fils pour demeurer en scène sous son approbation et son aval… Allié et soutenu par le Pr. Albert Zafy importe peu pour les électeurs, l’essentiel pour le pays, l’essentiel désormais, c’est de ne pas tomber une fois de plus sous les charmes trompeurs des beaux parleurs qui ne rêvent que de fortunes et de biens mal acquis sur le dos de tout un peuple.                                                                                                                                                

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