Des enseignants et des FRAM
Une fête digne d’un show à l’américain avec le Président de la République intervenant comme ” prédicateur” au palais des sports de Mahamasina…voilà comment on met à terre l’éducation! Oui, mettre à terre car pour faire du populisme ce régime et ceux d’avant ont eu recours aux enseignants FRAM, ces personnes qui deviennent enseignants parce qu’ils n’ont pas de qualification, parce que les enseignants qui ont suivi la formation adéquate ne sont pas nombreux et ne veulent pas travailler dans ces coins paumés de Madagascar, parce que le métier d’enseignant faiseur d’hommes a été et est toujours dévalorisé depuis plusieurs années. Oui, mettre à terre l’éducation parce que selon le rapport de la Banque Mondiale qui a fait grand bruit cette année, bon nombre d’enseignants FRAM ne savent même pas faire les opérations à deux chiffres. Oui, mettre à terre parce que les personnes formées pour devenir enseignants, formées pour la pédagogie dans ces instituts tels que l’Institut national de formation pédagogique pour devenir enseignant ne sont pas recrutées et qu’à leur place on fait du populisme en recrutant massivement les personnes dénommées FRAM ( fikambanan’ny Ray aman-drenin’ny mpianatra -association des parents d’élèves) et qui serviront la cause HVM en vue des élections! En effet, recruter 10.000 enseignants FRAM comme fonctionnaires pour cette 4ème vague, chose que l’actuel président de la république se refusait de faire quand il était ministre des finances, c’est autant de voix assurées pour le régime. Comment un ministre de l’éducation nationale, de surcroît enseignant et fils d’enseignant, peut-il brader ainsi l’enseignement pour des raisons bassement politique en misant sur le quantitatif et non sur la qualité, en misant sur la politique plutôt que sur une éducation de qualité et sur la compétence des enseignants? Oserait-il demander à ces enseignants de faire cours à ses enfants? Il est au moins sûr qu’il est dans les bonnes grâces du président avec ces milliers d’enseignants FRAM qui seront les portes voix du régime là où ils travaillent, qui pèseront de leur poids dans les bourgades où il travaillent loin de tout, loin de toutes les autorités, pour être juste “la voix de son maître!!”. Cependant, même si les enfants n’ont pas à payer pour les péchés des parents, il n’en demeure pas moins que ce sera difficile de se dire pour les progénitures que leur père a sacrifié l’éducation nationale malgache et les a mis à l’abri loin des enseignants FRAM dans le système éducatif français!
D.R