Hery Rajaonarimampianina : Petites leçons de Macron…
Le président Hery Rajaonarimampianina et sa suite rentrent de New York par le chemin des écoliers. Ayant quitté la métropole américaine jeudi matin (selon les envoyés spécieux des médias officiels), le groupe n’a pas encore remis les pieds au pays hier soir. En comparaison, le chef d’Etat français, Emmanuel Macron, est parti de New York mercredi, et le lendemain jeudi, il était à Marseille pour visiter les installations destinées aux épreuves nautiques des Jeux Olympiques de 2024. Vendredi, il a signé à Paris les fameuses ordonnances relatives au nouveau Code du Travail et a par ailleurs reçu diverses personnalités, dont Antonio Tanjani, président du Parlement européen et Juha Sipila, Premier ministre de la Finlande.
Samedi, il a suivi à partir de l’Elysée la « manif » de la France Insoumise à Paris (au moyen des rapports de police) contre le Code du Travail remanié. Paressant à Paris (et non paraissant car l’homme reste invisible), Hery Rajaonarimampianina est aux premières loges en ce qui concerne les activités d’Emmanuel Macron. Espérons qu’il aura reçu les petites leçons dispensées par le président français sur le rôle d’un chef d’Etat élu. Première leçon : rendre publiques les dates de départ et d’arrivée par respect pour l’électorat qui vous a plébiscité et surtout pour le peuple que vous dirigez. En dissimulant ces données, le chef d’Etat malgache témoigne d’un certain mépris pour la population, et se permet de disparaître de l’écran radar des jours durant. Deuxième leçon : rentrer au plus vite au pays une fois la mission à l’étranger terminée. Il est vrai qu’en flânant à Paris notamment pour permettre les emplettes de madame, le président malgache engloutit inutilement l’argent du contribuable. Troisième leçon : ne rien cacher de l’agenda présidentiel, au pays comme à l’étranger, car les activités du chef d’Etat sont toutes financées avec l’argent public. Le président malgache ne dévoilera jamais son emploi du temps parisien, rythmé par les vitrines des boulevards élégants, les buffets généreux de l’hôtel de luxe et les rencontres chaleureuses avec les amis et parents de Paris. Hery Rajaonarimampianina a certainement même enregistré une quatrième leçon, donnée par Emmanuel Macron : laisser les gens s’exprimer librement dans la rue, notamment dans un pays qui se dit démocratique et dont la population est traditionnellement attachée aux libertés publiques.
En tout cas, effectuant à l’étranger des voyages fréquents mais sans intérêt pour l’économie, Hery Rajaonarimampianinina inflige au Trésor public des gouffres financiers répétés. D’autant qu’aucun de ses déplacements extérieurs n’est inférieur à huit jours, si on se réfère aux deux derniers, celui de Londres et celui de New York. Pour cacher au public la fréquence de ses départs, l’effectif de sa suite (et surtout la nature des personnalités qui la composent) et la durée du déplacement, l’homme a abandonné l’usage des vols commerciaux et s’est doté d’un jet privé Falcon 900 EX. De cette manière, il quitte en catimini le pays (surtout la nuit) sans avoir à s’expliquer sur sa destination. Parfois d’ailleurs, sa famille emprunte l’appareil sans que personne ne s’en aperçoive. Comme ce jet n’a qu’une capacité d’accueil limitée (environ dix personnes), un ou plusieurs autres jets ont peut-être été mis à contribution pour convoyer toute la délégation présidentielle, lourde comme d’habitude. Notons simplement que sans évoquer les frais d’hébergement et de restauration de la nombreuse suite, l’avion de New York et de Paris coûte énormément en carburant, en assurances multirisques, en frais de stationnement ou de garage, en charges d’entretien, etc. Lors de ce voyage qui dévore l’argent des contribuables, les leçons d’Emmanuel Macron auront certainement porté. Et que la recommandation suivante aura été reçue par Hery Rajaonarimampianina 5 sur 5: il faut travailler 24 heures sur 24.
Adelson RAZAFY