CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY : Solutions faciles pour temps difficiles

Les difficultés et problèmes existentiels des habitants de ce pays ne datent pas d’aujourd’hui. Ce qui ne veut pas pourtant dire pour autant que l’équipe actuellement au pouvoir n’a rien à voir avec les souffrances quotidiennes de la majorité de la population. En arrivant à la tête de l’Etat sans avoir comme piédestal un socle parlementaire émanant de son parti HVM embryonnaire pour le soutenir, Hery Rajaonarimampianina sera obligé de se contenter d’un ensemble de complicité avec laquelle il devra traverser un mandat déjà mal parti. Le contentieux tactique politicien avec Andry Rajoelina et consort ne facilitera pas du tout la gestion des tâtonnements d’une bande d’amateurs spécialistes d’improvisations qui résolvent rien sur le plan socio-économique. Résultat inévitable : la majorité des observateurs sont unanimes pour confirmer les doléances de la masse qui se plaigne de survivre dans la misère. Pendant que la classe dirigeante vit dans le confort scandaleux de l’enrichissement illicite par les biens mal acquis, l’utilisation abusive des finances de l’Etat et les fruits de la corruption. Alors qu’ailleurs, les experts responsables se débrouillent pour trouver des solutions adéquates afin d’assurer le bonheur et le bien-être des administrés.

A cause de ces réalités ambiantes injustes qui les obligent à se résigner dans un contexte insupportable pour des citoyens d’un pays qui possède toutes les richesses naturelles imaginables pour pouvoir vivre décemment, les habitants sous la pression des tracasseries et des errements administratifs ne rêvent que voir la fin de leur misère. Le projet de destituer le président par les députés et les poursuites judiciaires contre l’entourage des dirigeants vont dans le sens des souhaits de l’opinion d’en finir avec l’équipe au pouvoir. Malheureusement pour

le pays, la Haute Cour Constitutionnelle avait préféré un pacte de responsabilité jusqu’à ce jour inopérant et resté lettre morte et dans les juridictions pénales, la détermination de faire preuve d’intégrité et d’égalité pour tous reste et demeure au niveau des incantations. C’est la raison pour laquelle les syndicalistes du SMM ont décidé de durcir leur pression pour mettre un holà à l’instrumentalisation de la justice trop flagrante ces derniers temps (emprisonnements systématiques de justiciables qui ne méritent pourtant pas de séjourner en prison, pendant que des bandits et des trafiquants notoires narguent la justice et continuent leurs activités mafieuses sans peur d’être inquiétés. Vous avez des doutes ? Demandez à des avocats et des magistrats sérieux de quoi souffrent le monde judiciaire et ils vous révèleront sous le sceau de la confidence que si le mouvement de contestation des magistrats bat de l’aile, c’est parce que certains d’entre eux ne tiennent pas trop à faire relâche pour se mettre en grève pour ne pas se passer leurs incroyables et faramineuses recettes condamnables dans la discrétion de leur cabinet…Il n’y a rien d’étonnant à tout cela, entre professionnels de la corruption, ils s’entendent pour cette situation dure… Si les responsables et décideurs du régime n’était pas obsédés par le pouvoir pour le pouvoir afin de s’enrichir par tous les moyens même illégaux « très vite et de manière

durable », le sort de tous les Malgaches aurait pu être meilleur. Quand on pense aux révélations faites par un certain Tsikonina, diplomate en poste à Beijing sur les possibilités et opportunités que la République de Chine Populaire avait mises à la disposition de Madagascar année après année depuis que le président Hery est président et même pendant qu’il était ministre des Finances et du Budget de la Transition, on est complètement abasourdi. Et pour cause… La partie malgache n’a réussi à bénéficier que moins de 5% des gigantesques sommes de milliards proposé dans des conditions très très favorable pour le prestige du grand pays donateur.

Nous vous livrons ci-après des extraits d’un article paru dans le journal Le Temps de Lausanne en 2016.

« Imaginons qu’un banquier central monte dans un hélicoptère rempli de billets de banques et survole tout un pays en arrosant la population d’argent. L’idée vient de l’économiste américain (et chantre du libéralisme) Milton Friedman : à la fin de l’année 1960, face à une économie en panne, il estimait que les gens se précipiteraient sur ces petites coupures et, voyant cela comme une opportunité unique, se mettraient immédiatement à les dépenser, stimulant la croissances et relaçant l’inflation. Utopiste ? Pas tant que cela. Et surtout d’actualité, puisqu’un nombre croisant d’économiste soufflent cette idée aux banques centrales. Interrogé sur l’éventualité de faire décoller un tel « hélicoptère à argent » pour sortir la zone euro du marasme, Mario Draghi a jugé le concept intéressant lors de sa dernière conférence de presse(le 10 mars) « Nous n’avons pas vraiment pensé à l’hélicoptère money ni discuté de cela, a admis le président de la Banque centrale européenne. En précisant toutefois : « C’est un concept très intéressant qui est maintenant débattu par des économistes universitaires dans des environnements différents. » L’article écrit dans le Temps de Lausanne par Mathilde Farine continue pour préciser : « Encore mal défini, l’idée fait un nombre croissant d’adeptes de tous bords. Dans l’esprit de la plupart d’entre eux, elle relativement simple : et si les banquiers centraux, au lieu den soutenir les banques en leur rachetant des dettes et en les inondant de liquidités, distribuaient de l’argent aux citoyens ? » Le très sérieux Wall Street Journal lui-même s’explique sur cette formule innovante : « L’Etat émettrait des obligations que la Banque centrale lui achèterait avec de la monnaie créée à cet effet. » Vue sous cet angle, cette hypothèse a été envisagée pour les Etats-Unis pour qu’ « ensuite l’argent pourrait être donné aux citoyens par virement, par chèque, ou sous forme de bons permettant d’acheter certains produits… » La même source pour conclure pose la question de savoir est-ce que les banques centrales «oseront-elles franchir le pas d’une distribution d’argent à la population ? On n’en est encire très loin. Mais l’idée commence à faire chemin. » Quoi qu’il en soit, le concept lancé par Milton Friedman, a-t-il jamais été abordé par nos fameux technocrates de notre pays. A voir les réalités actuelles où l’on ne voit que les hommes d’affaires débiteurs qui sont soutenus et maintenus à bras le corps malgré leur gestion déficitaire, les simples citoyens peuvent encore rêver longtemps avec que cette vision d’un grand économiste intéresse nos décideurs égoïstes. Ils préfèrent encore et toujours soutirer des avoirs des institutions financières nationales d’énormes crédits pour financés les projets aux profits faramineux de tels ou tels copains coquins. Au fait à qui appartient réellement ce grandiose immeuble qui abrite le Sénat ?

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