Publié le 21 octobre 2019
On ne peut guère épiloguer longuement sur des affaires dont on ne connaît pas les tenants et aboutissants, mais un regard simplement lucide permet de savoir que ceux qui ont signé le contrat avec Air France l’avaient fait de manière très très légère à moins que les innombrables juristes qui gravitent autour d’Air Madagascar étaient aveugles et n’aient pas été capables de voir chaque clause du contrat et découvrir par la suite ce qui d’évidence est aberrant. Avant de s’en prendre à l’opposition “source de tous les maux” depuis plusieurs mois, il serait bon de savoir quand le contrat avait été signé et qui a signé le contrat et qui étaient aux commandes de l’Etat à cette époque : un ministre des finances et PCA d’Air Madagascar dénommé Rajaonarimampianina et un Président de la Haute Autorité de la Transition dénommé Andry Rajoelina. Un contrat signé en 2012, avec un tapage médiatique et toute une campagne de communication à l’arrivée des fameux Air Bus A340-300, un contrat avec une clause considérée comme abusive, est- ce que ceux qui ont signé le contrat l’avaient lu en entier ou l’avaient-ils lu mais leur incompétence est telle qu’ils ont été incapable de déceler ce qui est abusif et que des personnes qui ont fait un peu de Droit auraient remarqué ?

Aujourd’hui le Tribunal de commerce de Paris n’a pas gain de cause à Air Madagascar, et personne ne s’amuse à dire que les juges étaient corrompus…autres cieux, autres pratiques! Que reste-t-il ? Le désespoir des gens d’Air Madagascar, la confirmation de ce que beaucoup subodorait déjà, le silence lourd de ceux qui ont signé ce contrat en 2012, qui ont poursuivi la mise à mort en 2014 et qui ont contribué à donner une image encore plus désespérante d’Air Madagascar… et des gens qui ne se sentent aucunement concernés, occupés à profiter de leurs sièges dorés, de leurs indemnités faramineuses, de leur pouvoir…ou des gens qui ont mis une croix sur cette compagnie depuis des années et qui se demandent s’il n’y avait pas un juriste, un seul sensé qui gravitait autour de ces tenants du pouvoir pour leur dire de ne pas signer ce contrat et que les engagements de ce genre ne se font pas sur la base de populisme dont certains en sont férus. Que reste-t-il? Faire appel devant la Cour d’Appel de Paris… mais dans tous les cas, un contrat signé exige ni plus ni moins le respect des engagements…même si ces engagements sont complètement ridicules… il fallait y réfléchir avant de signer! Un contrat signé exige le respect de la parole donnée même si le respect de la parole donnée est un concept quasiment pas respecté par les détenteurs de pouvoir à Madagascar.
Claude Rakelé