Publié le 25 octobre 2019
Il ne se passe pas une semaine sans que des évènements assez préoccupants ne fassent sursauter les habitants de cette île et de la capitale surtout. Après les feuilletons genre Far-West des vols de bœufs assortis des dérapages des forces de l’ordre et usurpations de pouvoir des quelques notables, il y avait les joutes dialectiques politiciennes sur le texte de loi sur l’opposition, puis ces remous estudiantins à propos des résultats du Baccalauréat auxquels sont venus se greffer les agitations programmées pour perturber les préalables de la mise en place des projets présidentiels (axes routiers , finition des stades et les phases préparatoires de la réalisation d’une ville nouvelle à Ambohitrimanjaka). Et pour couronner le tout, cette rétention des livraisons des carburants qui ne dit pas son nom qui s’apparente à une «pénurie artificielle ». Aux yeux des observateurs, c’est comme si quelqu’un, quelque part avait décidé de mettre des bâtons dans les roues de la charrette de l’Emergence afin de rendre la vie impossible à l’équipe dirigeante actuelle. Avec toutes ces effervescences pourtant évitables qui sont en train de déranger l’état d’esprit de la population, on a l’impression d’assister à la danse du scalp après avoir déterré la hache de guerre…
Depuis que le régime en place avait fait ses premiers pas dans l’exercice du pouvoir nouvellement acquis avec le retour triomphal d’Andry Rajoelina élu Président de la République, il n’arrête pas d’encaisser les harcèlements de basse politique de ses détracteurs. Avec la détermination de vouloir faire goûter à ses compatriotes le bonheur du bien-être dans le développement, il est parvenu jusqu’ici à esquiver les coups bas d’une opposition qui, en ordre dispersé s’attaque au système. Si Ravalo et ses ouailles appuyés par les braillards de l’organisation ROHY ne sont pas encore arrivés à faire dérailler le TGV, c’est tout simplement parce qu’en face d’eux, les mousquetaires du Chef de l’Etat se débrouillent bien pour tenir le cap, malgré les milles pièges rencontrés. On ne peut obliger personne à être d’accord avec Jeannot Ramambazafy, mais toujours est-il, qu’il faut bien reconnaître que «si Hery Rajaonarimampianina était aussi incapable qu’incompétent à diriger un pays, Andry Rajoelina, lui, représente réellement l’avenir et possède l’ambition, l’intention et la volonté de faire la différence avec ses prédécesseurs.» Le plus grave est qu’il faut admettre aussi que si les services de l’Inspection Générale de l’Etat faisaient preuve d’un peu plus de zèle, de civisme et de patriotisme, après investigations faites dans les règles et avec les diligences procédurières légales des juges d’Instruction de la Haute Cour de Justice enfin débarrassées des blocages corrompus de l’Assemblée Nationale, il faudra réquisitionner un camion Mercédès pour contenir et transporter tous les ministres et personnalités de la nomenklatura HVM suspects de détournements de deniers publics et de mauvaise pratiques financières jusqu’à la prison la plus proche. Certains esprits facétieux crieront sûrement au scandale jusqu’à trouver qu’il s’agira là encore d’une expression arbitraire de la «justice des vainqueurs… ». Quand on voit une certaine presse étaler sur trois colonnes à la Une que tel ou tel «facilitateur» et un magistrat sont pointés du doigt pour cause de corruption, que des militaires ont tué leurs prisonniers, que des gendarmes en 2018 à titre de représailles avaient commis des actes cruels inhumains dignes des terroristes d’Al-Qaïda furent sanctionnés, on est tenté d’applaudir…Mais lorsqu’on sait pertinemment qu’on ne livre à la vindicte populaire de la sorte que des boucs émissaires et qu’en haut-lieu des donneurs d’ordres, des responsables étoilés de par leur fonction et autorité sont à l’abri des rigueurs de la loi, on ne peut qu’être scandalisé ! A-t-on jamais tenu compte des dessous véritables de ces dossiers d’actes de kidnapping, les détails accablants de l’affaire Arfa Houcine auxquels étaient mêlés certains juges ? Pourquoi cette poursuite sélective ? Quand est-ce aussi ces quelques magistrats connus pour leurs agissements partisans notoires au détriment de pauvres justiciables déboutés et parfois condamnés à tort injustement feront-ils l’objet de mise en accusation ? Est-ce qu’un jour nous verrons tous éclater au grand jour la vérité sur ces dossiers pourris impliquant de riches hommes d’affaires karana du secteur immobilier et même pétrolier de la capitale protégés à un niveau très élevé de l’administration judiciaire ? Qui se soucie de ces exploitants miniers de Bekisopa qui, à cause d’un entourage affairiste du Ministre des Mines et des Ressources Stratégiques, n’arrivent pas à travailler convenablement en vertu du Code Minier ? Et puis comment l’actuel ministre de la justice compte-t-il dépoussiérer les dossiers de ce crime contre l’humanité perpétré dans le temps par un ancien sénateur devenu gouverneur ? Cet officier de la Gendarmerie avait été à la tête du massacre des habitants mâles du village de Kelihorombe ? Tant qu’en réponse à toutes ces questions, l’opinion n’aura droit qu’à «la Vérité et rien de la Vérité », Andry Rajoelina lui-même aura intérêt à se méfier de ces «coups bas » que subit la population comme s’il en pleuvait. Les analystes sont unanimes pour reconnaître que les «nombrilistes» opportunistes de la République sont «forts dans l’art de la diversion. Ils sont forts dans l’art de la récupération. L’on pourrait même dire que c’est de bonne guerre, mais tout de même ! » Ce n’est pas difficile de sentir et de reconnaître l’odeur du torchon qui brûle… C’est pourquoi les donneurs d’alerte comme Babany C. de Lakroan’i Madagasikara n’hésitent pas à prévenir «Attention à la promotion canapé !»
N. Razafilahy