La Gazette de la grande ile

Blague à part : Les idées sont éparses et pas très glorieuses

Publié le 26 octobre 2019

A propos du rebondissement médiatique des déclarations sur les Iles Eparses en général et l’Ile Grande Glorieuse en particulier, alors qu’Andry Rajoelina, le premier concerné en tant que Chef de l’Etat s’est contenté d’un Twitter en évitant les mots qui fâchent, le chœur des lamentations des courtisans zélateurs s’en donnent à cœur joie à des réactions pathétiques aux yeux d’une certaine presse. Les commentaires des observateurs lucides se limitent à des remarques plutôt proches des considérations prudentes sur la prééminence de la raison d’Etat en diplomatie dans le traitement des dossiers de ce genre. Conscients de la lenteur des résolutions des revendications sur la souveraineté nationale de tel ou tel pays sur les contentieux territoriaux, ils préfèrent s’en tenir à un « wait and see » prudent…Si la dépêche d’AFP publiée par le journal Le Monde fait état d’ «un affront pour les Malgaches» en précisant aussi qu’ « Antananarivo revendique en effet depuis 1973 les îles Eparses, dont Grande Glorieuse fait partie. Marotte du débat public malgache, le petit archipel inhabité, qui compte aussi les îles Europa, Bassas da India, Juan de Nova et Tromelin, déchaîne les passions… » L’opinion est surtout partagée entre un nationalisme radical et un sens du compromis hostile à toute idée d’affrontement des idées..

La même source rapporte «Madagascar est le sanctuaire de la biodiversité mondiale. Le respect de l’intégrité territoriale et la défense de nos intérêts passent par le dialogue. Une commission mixte sur les îles Eparses sera en place le 18 novembre. Ayez confiance en notre détermination et notre patriotisme ! », a tweeté, jeudi, Andry Rajoelina depuis Sotchi, où il s’est rendu à l’occasion du sommet Afrique-Russie. A noter qu’un récent article du journal Ouest-France pose la question de savoir « Quel avenir pour les Glorieuses, îles françaises revendiquées par Madagascar ? » Tout en précisant que «Zone économique française exclusive, zone géostratégique, bout de terre de l’océan Indien à la biodiversité exceptionnelle… Les Îles Glorieuses appartiennent à la France depuis la fin du XIXe siècle. Mais depuis près de soixante ans, leur propriété est revendiquée par Madagascar.» Mercredi, Emmanuel Macron a fait escale aux Glorieuses durant une heure. « C’était pour le Chef d’Etat français » l’occasion d’apprécier la beauté et l’importance de ce confetti de 7 km2. Surtout que selon RFI «En étant le premier président de la République française à fouler cette île, il a souhaité réaffirmer la souveraineté française sur ce petit territoire.(…)

Les îles Éparses, disputées à Madagascar, permettent à la France de disposer d’une zone économique maritime de plus de 600 000 km2, potentiellement riche en hydrocarbures. Autant dire que le geste du président français n’est pas passé inaperçu sur la Grande Île. D’après RFI toujours : « le président français a profité de cette visite de deux heures pour lâcher au détour de conversations un « Ici c’est la France, c’est notre fierté, notre richesse », ou encore annoncer le classement de l’île en réserve naturelle dès 2020, puis de l’étendre à l’ensemble des îles Éparses.» Il s’en tient à des faits historiques sur la découverte de ces îles. Une autre dépêche de Valérie Gas publié par AFP nous révèle que «la restitution des îles Éparses, dont font partie les Glorieuses. Le président malgache l’a redit à son homologue français récemment lors d’une réunion du Fonds mondial sur le sida à Lyon en octobre. Des pourparlers sont en cours pour essayer de trouver une « solution commune ». Et que par ailleurs «Si ces îles suscitent beaucoup d’intérêt, c’est parce qu’elles possèdent de nombreux atouts (…) elles ne représentent qu’environ 7 km² de terres émergées, de disposer de plus de 43 000 km² d’eaux territoriales sous sa juridiction. Pour l’ensemble des îles Éparses, cela représente 640 000 km² de zone économique exclusive. Cela permet à la France de posséder les deux tiers de la surface du canal du Mozambique, une zone stratégique notamment en raison du trafic des pétroliers, et donc d’être de ce fait un acteur régional important. » Tout est dit, même si Rivo Rakotovao président du Sénat malgache, et figure de l’opposition trouve que la sortie d’Emmanuel Macron : « Au niveau symbolique, c’est un peu fort ! »

Tout le reste n’est que verbiages diplomatiques et radotages de politiciens en mal de sensationnel. Officiellement «Côté gouvernement, le ministre des Finances a déclaré à RFI que Madagascar travaillait en étroite collaboration avec la France. Ce jeudi, le Premier ministre malgache Christian Ntsay doit rencontrer Emmanuel Macron à Saint-Denis de La Réunion pour aborder le sujet ».

Razafilahy

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