La Gazette de la grande ile

Ravinala Airports : Le néocolonialisme triomphant (3ème partie)

Publié le 28 octobre 2019

Le cahier des charges de la concession des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be offre des avantages exorbitants à la société Ravinala Airports. Celle-ci bénéficie d’un « droit exclusif de réaliser les activités concédées et de percevoir les revenus provenant des services aéroportuaires et autres activités. » Hery Rajaonarimampianina, Rivo Rakotovao, Henri Rabary-Njaka, James Andrianalisoa et Hugues Ratsiferana ont perçu d’énormes rétro-commissions pour accorder cette exclusivité. Ravinala Airports possède véritablement tous les droits puisque le cahier des charges l’autorise « à confier à des tiers (y compris par des contrats de gestion ou de sous-traitance que la pratique désigne comme « sous-concessions »), sous son contrôle et sa responsabilité, la réalisation et/l’exploitation de l’activité fret de l’Aéroport d’Ivato…le réaménagement et/ou l’exploitation du terminal domestique existant de l’Aéroport d’Ivato en terminal d’aviation générale…la réalisation des services d’assistance en escale. » Ces prérogatives exorbitantes suffisent pour évoquer l’existence d’un néocolonialisme triomphant. Le conflit d’intérêt est institutionnalisé (ou tout au moins contractualisé) avec la clause abusive ci-après du cahier des charges qui précise que Ravinala Airports « peut conclure des conventions d’assistance avec ses actionnaires (ou tout affilié de ses actionnaires) ». C’est la porte ouverte à tous les copinages. L’annexe A du cahier des charges de la concession des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be dresse la liste des services aéroportuaires et des activités extra-aéroportuaires confiées à Ravinala Airports. Parmi ces dernières figurent « la gestion des parcelles du périmètre concédé et le contrôle des occupations, le marketing des aéroports et le développement des liaisons aériennes, les relations publiques, la presse et les fonctions générales de communication, la restauration en vol (catering), les prestations d’assistance en escale, la fourniture aux compagnies aériennes en bureaux et d’espaces privés, la gestion des salons d’affaires, l’alimentation et les boissons, les services bancaires et le service de change des devises étrangères, les magasins et les ventes duty free et duty paid.». On constate que Ravinala Airports monopolise tous les centres de profit. Les Malgaches sont réduits à passer la serpillère et à récurer les toilettes.

R. Lola et Folojaona

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