Publié le 06 mars 2020
Des électeurs dépités à cause d’un parlement égaré
Avec cette prétentieuse insurrection de 72, tous les gogos de Babay et de Lohavohitra s’attendaient à des changements plutôt sociaux que politiciens…Dans la foulée, une bourgeoisie montante s’efforcera de barrer fin à la Révolution Socialiste de l’Amiral Didier Ratsiraka sans pourtant réussir à couler le fondateur et chef charismatique. Cette soif de changement exacerbé par le régime despotique autoritaire de Marc Ravalomanana provoquera en 2009 les espoirs d’une Révolution Orange qu’une oligarchie ploutocratique tentera d’étrangler sans succès pour finalement donner lieu à un retour triomphal d’Andry Rajoelina devenu enfin président d’une 4ème République TGV qu’il a mis sur les rails. Organe international dont la crédibilité est parfois sujet à caution aux yeux de quelques observateurs qui trouvent que trop souvent comme par hasard, les publications émanant de Transparency International coïncident presque aux moments des débuts d’effervescences politico-sociales. Depuis 2018 à ce jour, l’indice de perception de la corruption (IPC) pour Madagascar est livré au public lorsque le climat politique s’agite autour d’évènements annoncés (période électorale, agitations autour de revendications diverses).
Sans vouloir rien insinuer du tout, on voit mal l’opportunité ( ?) douteuse de balancer aux médias que sur 180 pays et territoires le nôtre se trouve à la mauvaise place juste après ces successions de pavés que Rivo Rakotovao et quelques sénateurs fidèles à la cause aux accents frondeurs, Marc Ravalomanana et sa bande de fanatiques bornés ont jeté dans la mare aux canards boiteux de la classe politique malgache. Surexcité par la bombinette à mèche lente d’une bavure pré-électorale qui porte sur plus d’un million de personnes, lancée par Thierry Rakotonarivo sur la place publique, l’état d’esprit de la population risque d’être sérieusement pollué dans les prochains jours. Si le régime ne prend pas au sérieux les signes annonciateurs d’un orage artificiel que préparent les obsédés textuels des morceaux choisis de la Constitution afin de pousser à bout Andry Rajoelina. La tactique consiste dans un premier temps à isoler le Chef de l’Etat pour faire le vide autour de lui (en dressant contre lui ses principaux soutiens). Pour ensuite diriger contre lui les tirs croisés d’une campagne de démolition qui, à la longue, d’après les calculs des cerveaux des conspirateurs finira par avoir raison de l’aura de crédibilité du nouveau président de la République. L’appel du 26 février dernier de Marc Ravalomanana et sa troupe pour amener la masse à hurler avec les loups, diffusé en boucle par les organes pro-TIM a été précédé par ce «dérapage contrôlé… » d’un Vice-président d’un CENI trop prolixe pour être fiable. Il y avait aussi cette douteuse et inopportune révélation de Transparency International sur ce soi-disant «pire classement de Madagascar depuis 2012 » distillée et véhiculée par la Rédaction d’INFO.RE la veille de cette fracassante déclaration du parti TIM à partir des aveux tardifs et combien louches d’un Thierry Rakotonarivo. Administrateur Civil transfuge des services d’un Ministère de l’Intérieur qui, après une inoubliable panne d’électricité fameuse et très suspecte, ce dernier faisait partie de l’équipe technique (au poste de Directeur de Cabinet). Cet incident nocturne avait permis la victoire d’un Marc Ravalomanana déjà sérieusement contesté lors de l’élection présidentielle du 3 décembre 2006… Et c’est dans cette situation qui constitue «un frein à la construction d’une relation de confiance entre les dirigeants politiques en place et les citoyens » que celui qui était toujours en première ligne pour parler au nom de CENI (un gadget auquel la masse n’avait accordé que très peu de confiance depuis sa création) se manifeste. Dans le temps, l’opinion à tort et à travers accusait toujours le département ministériel de la Patte d’Eléphant d’écraser les résultats des élections. C’est la principale raison pour laquelle sur pression de l’étranger, on avait écarté les services d’un ministère de souveraineté nationale des activités électorales au profit d’un organe créé de toutes pièces. Nouveauté qui au final n’était qu’un générateur de conflits que ni la Haute Cour Constitutionnelle, ni les juges des tribunaux administratifs ne pouvaient résoudre correctement. Réalités qui, à la longue, donnaient l’occasion et servaient de prétexte aux détracteurs s’inspirant des critiques de Transparency pour abonder dans ce qu’ils imaginent être «des pressions d’ordre administratif exercées par les politiciens sur les magistrats dans le traitement des contentieux électoraux » pimentées par les inévitables refrains sur les « relations personnelles ou orientées par des intérêts particuliers » concernant les budgets et les services publics. Si des organes externes se permettent des ingérences dans les fonctionnements de nos institutions, c’est parce qu’au lieu de se consacrer à leurs attributions les députés et les sénateurs s’embourbent dans des rôles de parler menteur et deviennent les valets et les laquais soumis et acteurs politiques de service au profit des corrupteurs et de l’argent sale. C’est une véritable démission collective aggravée par une continuelle omission de servir une population en danger. Jusqu’à ce jour aucune commission parlementaire digne de ce nom n’a jamais osé mettre le nez dans les turpitudes de Ravalo, Rajao, les anciens Premiers ministres Olivier Solonandrasana, le général Rabemananjara et tous ces grands noms qui ont pillé les deniers de l’Etat. Pour faire bonne figure, on livre en pâture aux médias des cibles de choix trop souvent originaires de l’arrière-pays ou des malheureux petits fonctionnaires corvéables à merci à qui on fait porter le chapeau. L’habituelle histoire de l’arbre qui cache la forêt d’une foule de grands voleurs fameux qui tiennent certains enquêteurs par la barbichette et aussi par une partie de leur anatomie située au-dessous du niveau de la ceinture.