Publié le 09 mars 2020
Le feuilleton de la CENI n’est pas terminé surtout avec la force des archives et des captures d’écran. Il est vrai qu’on a fini par penser que le Président de la CENI est Thierry Rakotonarivo, on le voit plus que Hery Rakotomanana, on l’entend plus que Hery Rakotomanana et on a appris plus de la CENI par son vice président que par son président qui semble bien avoir toujours laissé faire autrement cela aurait fait longtemps que Thierry Rakotonarivo aurait gardé le silence. Cette fois pour sa n-ième conférence de presse, le Vice Président a informé les citoyens et a su ce qu’est rendre compte car la CENI ou ses membres sont payés avec l’argent des contribuables et grassement payés en plus. La CENI s’occupe des élections et non de menus fretins. Les membres de la CENI ne vont pas juste se contenter de rouler dans leurs 4×4 mais se doivent d’assurer des élections transparentes et crédibles. Transparence, voilà pourtant qui aujourd’hui dérange le régime et dérange le Président de la CENI au point de demander la destitution de son vice président, celui-là même qu’il a allègrement laissé parler pendant des années. Le Président de la CENI a même défendu ou expliqué le système et le sens des doublons après la sortie médiatique du Vice Président avant de se raviser quelques heures après en demandant la destitution de ce dernier pour violation du serment. Une chose est sûre, on aime prendre les gens et particulièrement les électeurs, pour des canards sauvages dans ce pays. On se souvient qu’en avril 2018, les 73 députés avaient entre autres réclamé la démission de la CENI tout en enterrant
vivant le président de la République de l’époque avec le cercueil ambulant. On se souvient que les 73 députés n’avaient aucune confiance en cette CENI qu’ils avaient considéré comme étant à la solde du pouvoir de l’époque. On se souvient que le collectif des candidats avait également critiqué la CENI et par son truchement la liste électorale mais ces candidats étaient considérés comme des 0% qui ne valaient pas grand chose. La CENI a sorti les résultats provisoires, plusieurs personnes ont saisi la HCC et la HCC a sorti son verdict “recevable mais infondé”. Finalement, tous ceux qui critiquaient la CENI et qui avaient gagné les élections n’avaient plus de critiques à émettre à l’égard de la CENI qui finalement a bien fait son travail et considèrent aujourd’hui comme un acte de déstabilisation cette information qui relève de la transparence! Comme un pavé dans la mare, le Vice Président joue la transparence, informe les citoyens sur les doublons et les cartes d’identité nationale, il ne se contente pas de toucher son salaire et ses indemnités mais a au moins eu le mérite de faire un vrai compte rendu…mais un peu tard. Et là branle bas le combat…à bas Thierry Rakotonarivo! La conclusion est simple : ne jamais informer les citoyens, les électeurs ; ne jamais leur donner les vraies informations, ne jamais leur donner raison quand ils présentent des requêtes et considérer ces requêtes comme “infondées” simplement car on aime le secret, on aime l’opacité, on déteste au final la transparence. Quoi de plus opaque que un million de cartes d’identité nationale avec les mêmes numéros. Beaucoup de nos compatriotes ont alors le don d’ubiquité et les mêmes civilités…Au point où on en est, peut-être même que celui à qui il est demandé la destitution n’est pas le Thierry Rakotonarivo que l’on voit tout le temps à la télévision mais son homonyme qui a le même numéro de cartes d’identité nationale que lui. Sait-on jamais, avec les millions de cartes d’identité avec les mêmes numéros cela est fort possible !
D.R.