Publié le 15 mars 2020
L’affaire de demande de destitution et de la soi-disant démission de Thierry Rakotonarivo semble loin d’être enterrée. L’organisation de la société civile revient en effet à la charge à propos de la défaillance en général du système électoral. En outre, Me Willy Razafinjatovo reproche aussi à la CENI et à la HCC entre autres de faire pression sur Thierry Rakotonarivo à propos de son pseudo démission, voire même un complot. « Quand le président de la CENI, Hery Rakotomanana a déposé cette requête au niveau de la HCC, ou de n’importe quelle juridiction en effet, cette dernière n’aurait pas dû, en cas d’irrecevabilité sur la forme, donner des instructions à ce premier », selon lui.
A lui alors de reprocher l’incompétence et un complot de la HCC et du président de la CENI afin de faire tomber Thierry Rakotonarivo. C’est également ce que pense l’opinion publique, notamment certains membres du personnel de la CENI qui regrettent cette injustice à l’encontre d’un des leurs. « En plus de cela, si vraiment Hery Rakotomanana a voulu protéger son vice-président, il n’aurait pas couru dès la première occasion vers la HCC pour demander sa destitution ». Effectivement, l’on se pose aussi la question : pourquoi ces représailles si depuis le début de son mandat, le bureau permanent de la CENI ne cesse de faire campagne sur une soi-disant transparence ? Dans tous les cas, « je félicite l’audace du vice-président de la CENI, car c’est une grande première dans l’histoire de la Grande Ile qu’un responsable a osé faire éclater la vérité », s’exclame Me Willy Razafinjatovo alias Olala. Toutefois, l’affaire a pris une tournure inattendue et c’est triste que Thierry Rakotonarivo soit le seul à payer les pots cassés alors que c’est l’ensemble du bureau de la CENI qui est incompétent, autant que menteur. Et voilà pourquoi son président n’a pas digéré la déclaration de son vice-président, Thierry Rakotonarivo. Force est encore de constater l’absence de Hery Rakotomanana quand la CENI était tenue de faire une déclaration qui n’était pas au goût de tout le monde et que c’est Thierry Rakotonarivo que la CENI jetait dans la gueule du loup. Si l’on revient à la défaillance du système électoral, dont tout un chacun est au courant depuis toujours, le mouvement ROHY s’est aussi exprimé. « Arrêtons d’entretenir un système électoral défaillant engendrant des dirigeants mal élus, une opposition irresponsable et des citoyens désintéressés, sources de crises cycliques inéluctables », lit-on dans sa déclaration. D’un, pourquoi la société civile ne se manifeste que maintenant ?
Qu’a-t-elle accompli pendant que tout le monde se manifestait sur cette défaillance ? Certes, elle a émis des commentaires là-dessus, mais est-ce qu’elle a la moindre crédibilité, notamment de l’Etat ? De deux, elle remet actuellement en question les résultats des élections et ose réclamer « une étude indépendante et approfondie pour identifier la gravité des défaillances sur la liste électorale, voire du système électoral dans son ensemble et de leur impacts sur les résultats des élections ». Mais nous n’avons pas oublié qu’à l’issue du premier tour de la présidentielle, le 29 novembre 2018, le mouvement ROHY affirmait que les résultats officiels publiés par la HCC sont sans conteste si l’on se fie aux résultats de notre observation au niveau des bureaux de vote dans 34 districts qui représentent 41% des électeurs.
A.N.