La Gazette de la grande ile

Evasions fiscales et argent sale : Miser sur les rapatriements des devises

Publié le 18 septembre 2020

De tous temps, les dépôts obscurs des avoirs extérieurs de ces prétendus opérateurs économiques ou exploitants forestiers et autres exportateurs au marché noir des produits forestiers miniers et des ressources halieutiques, ont provoqué des tollés dans la presse locale et les médias internationaux. Les mauvaises langues racontent que tel ou tel nouveau riche du boom économique de l’exportation illicite des rondins de bois de rose, possède pas moins de 10 à plus de 100millions d’Euros dans les paradis fiscaux de Monaco, de Luxembourg, de Hong-Kong ou de Singapour. Des sources proches des anciens détenteurs du pouvoir font même état de l’existence de comptes secrets dans les Emirats Arabes et même dans les anciens pays dits de l’Est. Largement rapporté par tous les médias, les révélations et déclarations de l’amiral Didier Ratsiraka, lors de son intervention sur une chaîne de télévision privée de la capitale font état de «Près de 200 millions USD sont placés dans les paradis fiscaux. (…)De par son statut, on ne peut pas mettre en doute cette déclaration. Et le peuple malgache peut l’en remercier, car c’est le premier homme d’Etat malgache qui a confirmé l’existence de tels fonds. Et il est certain qu’il sait de quoi il parle. Bien évidemment, il ne peut s’agir là que de capitaux qui ont été détournés d’une façon ou d’une autre de Madagascar et qui ont été placés dans ces paradis fiscaux qui ne prêtent aucune exigence sur l’origine des capitaux… ».

Peu de temps auparavant, les milieux des institutions internationales ont connu les secousses internes provoquées par un document interne de la Banque mondiale à propos d’ «une part des aides qu’elle fournit aux pays les plus pauvres qui seraient détournées vers des paradis fiscaux. Le taux de fuite atteindrait au total 7,5%… » Le chiffre ressort d’un rapport titré «L’aide financière accaparée par les élites» concernant principalement 22 pays les plus dépendants des aides de la Banque mondiale. A partir de l’article d’Océane Herrero paru dans le Figaro du 21 février 2020, les transferts d’argents douteux vers les paradis fiscaux sont «probablement le fait des politiciens au pouvoir, des bureaucrates et de leurs acolytes: ils sont en effet plus importants pour les pays les plus corrompus. Les pays africains sont particulièrement visés : 19 des 22 pays les plus aidés par la Banque mondiale, appartiennent à ce continent. Le rapport indique la destination de ces transferts d’argent : «la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans et Singapour», des centres financiers offshore connus pour leur opacité et leur gestion privée de fortune». En outre, le document cité précise que «l’opacité en vigueur dans ces juridictions cache bien souvent le financement d’activités criminelles, allant du blanchiment d’argent sale au trafic de drogue, voire au terrorisme. ». Parce que «Les paradis fiscaux représentent également un manque à gagner conséquent pour les autres États. Ils n’intéressent pas seulement de riches contribuables », mais également les entreprises et sociétés qui veulent se soustraire aux poursuites du fisc local. Les cas de ce genre fourmillent à Madagascar et c’est surtout le domaine d’activités des experts-comptables marron qui favorisent ce genre de fraudes monumentales au détriment du Budget de l’Etat. Si les fonctionnaires des services des impôts s’efforcent de faire preuve d’un peu plus de zèle et de moins de complicité avec les mauvais payeurs, l’Etat gagnerait des recettes meilleures. De l’avis de Ranaivo Lala Honoré, «si le pouvoir actuel n’est pas touché par ce trafic, il a tout intérêt d’engager le plus tôt possible toutes les démarches requises pour rapatrier au pays ces capitaux illicites. Il pourra ainsi faire d’une pierre deux coups : Cela lui permettra de se disculper et montrer aux yeux de tous qu’il (ou ses alliés) n’est pas concerné et en même temps, il disposera ainsi de capitaux additionnels non négligeables qui ne sont assortis d’aucune conditionnalité d’utilisation de la part des institutions financières internationales.» Plutôt que de perdre leur temps à harceler les menus fretins sur place dans le territoire national, la Direction Générale des Impôts rendra un énorme service louable et admirable au pays en obligeant les détenteurs des comptes et capitaux extérieurs à rapatrier ne serait- ce que 50% des avoirs de …. Et de……….. Rien qu’à partir des publications du Magazine Forbes, le Trésor Public peut espérer parvenir à disposer de ces capitaux additionnels non négligeables. Vous voulez des noms et des précisions. Demandez aux agents de SAMIFIN et des services de rapatriements des devises d’être plus patriotes au lieu de participer à des combines bancaires sordides. N’est-ce pas Messieurs les Fatsouralahy et les Fatsouraly ? Où vont-elles les recettes des fraudes des commerces de l’exportation illicite et les bénéfices dissimulés dans les fausses déclarations de revenus ? Dans le Budget de l’Etat ? Sûrement pas, tant qu’il y aura des fonctionnaires corruptibles ! Alors qu’il suffit de faire pression pour que le jus gicle des devises en Euros et en Dollars vers notre île. Pour le moment, tous ces fraudeurs ne font que pisser sur notre souveraineté avec l’aval de certains de nos propres compatriotes…

Noel Razafilahy

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