Publié le 28 avril 2021
Rassurons-nous, à propos de test, il est plutôt question ici d’autre chose. Pour les observateurs et tous les experts, la population d’Antananarivo a toujours été un échantillonnage très représentatif de la température et des évaluations de tous les niveaux d’appréciation chiffrables ou pas de la vie nationale.
Pour les économistes, comme pour les sociologues, les prévisionnistes et les historiens, le niveau positif ou négatif des calculs obtenus pour tels et tels secteurs, ainsi que l’état d’esprit festif, la grogne ou la colère au niveau de l’opinion, n’a jamais trompé. L’enthousiaste ou la colère de la capitale a toujours été d’une très grande influence indéniable pour l’île toute entière. Au risque de démentir (les «vendrana » notoires) ceux qui se gourent lourdement. Ceux-là mêmes qui n’hésitent pas à pontifier à tort et à travers qu’ «Antananarivo n’est pas représentatif de l’esprit et de la conscience collective de Madagascar », il suffit de rappeler les évènements marquants de l’Histoire avec un grand «H» de cette terre de nos ancêtres communs. Il suffit qu’on éternue sous le ciel de la Ville des Mille pour que tout le système institutionnel et administratif grelotte de fièvre depuis Antsiranana jusqu’à Taolagnaro en passant par la région de Fianarantsoa. Toutes alternances de fait successives à la tête de l’Etat, depuis l’ère monarchique jusqu’à nos jour portent toutes les traces de la fureur des habitants de la capitale.
Point n’est besoin d’un office de sondage d’opinion pour avoir une idée exacte de la bonne ou de la mauvaise humeur des gens sur le contexte qui prévaut à l’heure actuelle. Qu’on le veuille ou non, les deux jours (samedi et dimanche) durant lesquels le pouvoir public a obligé et soumis tous les habitants de la région tout entière d’Analamanga à un confinement nécessaire pour le salut et la sécurité sanitaire de tous, ont été hautement éloquents sur l’état d’esprit de la population. Mis à part et à l’exception max (rien à voir avec le célèbre chanteur) de quelques énergumènes fanatiques de la rouspétance (seconde nature des groupuscules manipulés au prix des cons…venus habitués des causes inavouables), plus quelques râleurs sous prétexte qu’on les empêche de gagner leur pain quotidien. La majorité des Tananariviens ont fait preuve d’une obéissance consciente (pas du tout servile) et d’une acceptation civique remarquables aux injonctions des autorités étatiques. Les deux journées passées cloîtrées en famille ont donné un tableau en grandeur nature du panorama sociopolitique de tout le pays sous la menace permanente d’un «virus maudit et ennemi invisible». Ailleurs, dans l’autres pays, la colère gronde et le couvercle de la marmite menace de sauter. Prenons le cas de la France qui met nos dirigeants dans l’embarras avec ce «vol AF 934 de tous les dangers » et les quiproquos en coulisses qu’il y a autour des irresponsables de la Présidence du côté malgache et des fonctionnaires français pris au piège des micmacs des enjeux politiciens des prochaines élections sénatoriales en France. Ce faisant, à Antananarivo comme à Paris, ils mettent en danger la sécurité sanitaire de tous les habitants de cette île. Or, à l’heure qu’il est au pays où selon le site Intern@te «la barre des 6.000 cas en réanimation a été franchie » lundi dernier. «Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme… Comme suit «ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables. »
Noël Razafilahy