Publié le 10 novembre 2022
Les infrastructures vides, c’est ce qui caractérise le régime du Champion. A vouloir trop ériger des bâtiments et des stades sans contenu, le régime se retrouve à dresser un pays de ruines où les infrastructures ne servent à rien à part nous gâcher la vue.
EPP Manara-penitra :
Le régime actuel se vante d’avoir construit 140 nouvelles Ecoles Primaires Publiques Manara-penitra ou aux normes internationales. Au total, ils ont construit 480 établissements scolaires, dont des Collèges d’Enseignement Général (CEG) et des Lycées. La majorité d’entre eux tombent en ruines, car sont inexploités. Des écoles sans instructeurs et sans élèves pour la majorité. Dans ce domaine, plus de 80% des enfants malgaches de moins de 8 ans n’ont pas accès à une éducation adéquate à cause de l’enclavement de leurs habitations selon les derniers chiffres de l’UNICEF en 2020. Certains enfants doivent parcourir des kilomètres à pied quotidiennement pour rejoindre l’école. Une des raisons principales de l’abandon de la scolarisation. Aussi, la culture malgache qui veut qu’un enfant, surtout une fille, doit aider les parents dans les tâches ménagères, est encore tenace dans certaines régions. La scolarisation est destinée aux garçons. Beaucoup de raisons qui font que 21% de la population malgache sont classés sans instruction selon le dernier recensement général de la population et de l’habitation de l’Institut National de Statistique en juillet dernier. Un chiffre non réparti équitablement, car plus de 90% des personnes n’ayant pas accès à l’éducation se trouvent en zone enclavée. Ce qui est logique, mais que l’Etat a du mal à comprendre.
Le contenu d’une école, ce ne sont pas seulement les élèves et les instructeurs. Une école a aussi besoin de meubles, de livres, de moyens financiers pour entretenir les infrastructures et de capital humain pour la faire fonctionner. C’est également en place tous les moyens pour motiver les élèves à s’améliorer. Mettre du contenu dans une école, c’est aussi éduquer la population à la nécessité de l’éducation. Apprendre aux parents qu’une fille comme un garçon a besoin de scolarisation, ce n’est pas seulement ériger des bâtiments et les peindre en rose et violet. Dans ce domaine, l’Etat a beaucoup à apprendre.
Exemple, le Groupe Filatex a inauguré hier l’Ecole Primaire Publique d’Andrefan’Ambohijanahary. Cette EPP est un vestige, construite en 1911. Une rénovation a déjà été faite par le même groupe en 2017. Cette année, ils s’y sont remis en réparant les meubles, en remettant en état les espaces verts, en réparant le terrain de basket-ball et en repeignant les murs. Plus de 800 élèves bénéficient de cette rénovation. Mais en dehors des rénovations d’infrastructures, le Groupe Filatex met en place un programme complet à l’attention des élèves méritants des quatre EPP qu’il accompagne, dont une bourse d’études pour les vingt majors.
Route manara-penitra :
Manara-penitra, c’est l’expression magique utilisée par le Champion pour gagner le cœur de la population. Dans la réalité, rien de ce qu’il construit n’est aux normes. La semaine dernière, Mamimbahoaka est allée vers le Nord de l’île pour inaugurer quelques infrastructures. Il en a profité pour faire une évaluation inopinée de la route reliant Dar Es Salam à Cratère. C’est là qu’il a été découvert que l’entreprise construisant la route ne respectait pas le cahier des charges. L’épaisseur du goudron qui devrait être de 6 cm n’était que de 3 cm. Un ingénieur en travaux publics estime qu’un écart de 3cm peut générer des milliards d’ariary de profit à l’entreprise. Notons cependant que le ministre des travaux publics, Jerry Hatrefindrazana, est allé faire une évaluation de cette route quelques semaines avant la descente de Mamimbahoaka. Il avait rapporté que toutes les normes étaient respectées. Ce ministre des travaux public est l’exemple même de tous les subalternes de Mamimbahoaka qui lui jette un bâton dans les roues. Le stade des Barea inondé après une goutte de pluie, les EPP qui ont des murs fissurés avant même leur inauguration, sont les résultats du sabotage des subalternes de Mamimbahoaka qui nuisent à son image.
Il faut apprendre aux conseillers du Champion comment mettre du contenu dans ces contenants vides qu’ils érigent partout. Le nombre d’infrastructures érigées par le régime suffit. Il ne reste plus qu’à l’exploiter intelligemment pour impacter le développement.
T. Berado