La Gazette de la grande ile

Attention, Attention, Attention : Madagascar est dangereux !

Publié le 16 juin 2022

A Madagascar, les risques liés à la criminalité de droit commun sont élevés. Les communes rurales ou les zones isolées ou inhabitées, y compris les parcs nationaux ou les plages, sont les plus propices aux criminalités de droit commun, parfois d’une grande violence. … L’insécurité règne et ne cesse de s’amplifier dans toutes les régions de Madagascar. On peut citer les cas à l’infini mais ci-dessous, quelques exemples récents.

Des scènes effroyables se sont produites au cours des derniers mois dans des communes rurales comme celle qui s’est passée dans la commune rurale de Betsinjaka  Toliara par exemple. Un homme âgé d’une trentaine d’années aurait tué un enfant et volé ses yeux. Alertés très vite par cette scène, les villageois ont lapidé, décapité et brûlé le corps du présumé meurtrier. Une autre scène effroyable s’ est passé également dans le village d’ Antohokazo  commune rurale de Manankabahiny Est pendant la même période. Un “bon guérisseur” du village avec sa femme et son fils  ont réalisé un meurtre rituel destiné à chasser les mauvais esprits et à porter chance à son fils pour récolter du “Mercure” dans un parc national. Le guérisseur a fait égorger une jeune fille vierge de douze ans par son fils sur le lieu potentiel de gisement de mine de Mercure pour lui permettre de réaliser son rêve car la Mafia lui a promis de  lui acheter sa production. Alertés par un témoin également,  les villageois ont mis le feu à tout leur patrimoine ainsi que ceux des cinq complices du village. Heureusement que des éléments de la gendarmerie étaient arrives pour sauver la vie de monsieur le bon guérisseur et sa famille. Ils sont actuellement entre les mains des autorités judiciaires et les enquêtes sembleraient en cours comme à l’accoutumée.

L’insécurité règne et ne cesse de s’amplifier également dans le sud. Dans le village Benonoky, situé dans la commune de Mahasoa Est, Betroky  a été le théâtre d’une tragédie en février dernier. 9 personnes, âgées de 3 à 25 ans, et appartenant à une même famille, ont été brûlées vives par des dahalo. Dans trois villages du district de Midongy Atsimo , une  attaque armée avait eu lieu trois jours après l’inauguration d’une base militaire par Monsieur Le Président mamimbahoaka . 19 personnes étaient décédées, 6 autres blessés et 3 prises en otage lors de l’attaque, 300 maisons avaient été incendiées et 500 zébus volés selon les rapports officiels. Dans le nord, plusieurs cas d’insécurité sont rapportés.  Les premiers mois de  l’année 2022 étaient riches en cambriolages. Beaucoup de jeunes filles et vieillards en étaient victimes, même les touristes sont victimes de vols à l’arrachée. Ce mois ci , deux touristes belges ont été victimes d’agressions dans la région de Diana.

A Antananarivo, des groupes de jeunes malfaiteurs, âgés aux alentours de 20 ans,  armés  ont sévi et continuent d’ apeurer la population de plusieurs quartiers de la capitale comme Manjakaray, Anjanahary, Ankaditapaka, Ankadifotsy et Ampandrana …etc. Sans parler de l’enlèvement des jeunes filles et du trafic de drogue.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende parler de cas de criminalité de droit commun avec une grande violence , Il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende parler de justice populaire á Madagascar; une justice populaire qui pourrait dégénérer en émeute. On peut citer les cas à l’infini mais une chose est sûre, la criminalité et la justice populaire sont devenues une norme sociale à Madagascar surtout dans les communes rurales. L’explosion de l’insécurité dont les attaques sont de plus en plus violentes, l’ absence de l’autorité publique et la non confiance vis á vis des autorités publiques centrales et des autorités désignées, la corruption qui gangrène toute la chaîne du système judiciaire, expliquent la justice populaire qui prend de plus en plus d’ ampleur.

En plus les membres des “Fokonolona” qui s’adonnent aux vindictes populaires ne s’en cachent pas, car ils considèrent qu’ils ont agi pour la bonne cause en nettoyant ainsi la société en absence d’une vraie justice. Or, il suffit d’une rumeur pas forcément fondée, d’une jalousie ou d’une mauvaise circonstance pour mettre à mort sans enquête et sans préalable quelqu’un d’innocent. D’un autre côté, les autorités sont dépassées et parfois laxistes. Et ces histoires de lancement d’enquêtes après les actes de violence, sans suite et sans résultat concret, entretiennent le doute et la méfiance de la population vis a vis du “Fanjakana” en charge de la sécurité publique et n’arrangeront rien. La  population non seulement se sent sans protection mais en plus le “Fanjakana” censé être payé pour la protéger « récompenserait » les “dahalo”. La majorité des malagasy se sent délaissée par ses représentants. Cette forme flagrante d’injustice pousse le “Fokonolona” à assurer sa propre défense.

A cause d’une défaillance manifeste de la gouvernance en général de l’ Etat, non seulement la majorité des Malagasy broie du noir, elle a soif et elle a faim.    Et Madagascar serait-il en train de devenir un pays de non droit, terrain privilégié de la force du Mal entretenu par “la Mafia” présente partout au niveau de la société mais surtout à tous les niveaux des institutions de notre soit disant “république”. Peut-être une nouvelle lettre du Président Mamimboaka (le nouveau mode de gestion de la Présidence) dans le secteur sécuritaire changerait-elle la situation ? On verra…….Mais en attendant de plus en plus de Malagasy doutent de l’efficacité du gouvernement en place.

 Zaza R.

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