La Gazette de la grande ile

Disqualification du Petit Timonier : Refusée par la HCC

Publié le 03 août 2022

La semaine dernière, Razafimamy Christian dit Rahckiky de « Gasy Leo » a déposé une plainte auprès de la HCC. Elle comporterait 8 chefs d’inculpation contre Rajoelina pour non-respect de la Constitution.

Rossy rappelle à juste titre sur son site Facebook que c’est peine perdue, car selon la Constitution, les initiateurs n’ont pas qualité à saisir la HCC. Ce que vient de confirmer la HCC en se déclarant incompétente.

Il n’y a donc aucune chance qu’un recours contre Rajoelina puisse aboutir, puisque Rajoelina contrôle toutes les institutions, quelles que soient les fautes graves qu’il ait pu commettre.

Avant son entrée en fonction, le Président de la République prête serment, et en particulier “Mianiana aho fa hanaja sy hitandrina toy ny anakandriamaso ny Lalàmpanorenana sy ny lalàmpanjakana, hikatsaka hatrany ny soa ho an’ny Vahoaka malagasy tsy ankanavaka” (Je jure que je respecterai et observerai la Constitution et les lois de l’État comme la prunelle de mes yeux, je chercherai toujours le bien du peuple malgache sans exception).

En lisant et relisant ce serment (velirano, selon le vocable Rajoelina ?), et en parcourant ce qu’a fait Mamimbahoaka ces 3 dernières années, on trouve tellement de raisons objectives de destituer Rajoelina, mais malheureusement pour la population malagasy, il a pris toutes les dispositions pour être intouchable et rester impuni si on veut respecter la légalité.

Il pense également contrôler les futures élections et ainsi se faire réélire.

C’est la raison pour laquelle des membres de l’opposition pensent qu’ils n’ont aucune chance de gagner les prochaines présidentielles si rien ne bouge. De plus, 5 années de plus avec Rajoelina ? Que restera-t-il des Malagasys ? Même plus un pays d’avenir, comme l’avait prédit le général De Gaulle, tant on l’aura saigné à blanc et vidé de ses richesses (Tantely afa-drakotra).

L’opposition aimerait bien pouvoir rééditer l’épisode des 73 députés en 2018.

À défaut, ils demandent l’organisation de conférence nationale afin de grapiller une partie du pouvoir de décision comme Rajoelina l’a fait avec le coup d’État constitutionnel de 2018 en s’adjugeant les deux postes cruciaux de la primature et du ministère de l’intérieur.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la décision de Rajoelina de garder Ntsay à tout prix comme premier ministre (aussi mauvais chef de l’administration soit-il). Un ancien Premier Ministre du Québec n’avait-t-il pas dit dans les années 60 « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console ». Entre incompétents, on s’entend. Et pourquoi changer « une équipe qui gagne » ?

Les appels de détresse de la population

Le 25 mai 2022, la Gazette titrait « Les PTF ont-ils décidé de lâcher le Président » ? À la lumière des évènements qui se sont passés depuis, la réponse est « Affirmatif », comme disent les militaires. On a par exemple assisté à Mamimbahoaka écouter religieusement comme un élève studieux, la simple représentante de la Banque Mondiale s’indigner du prix payé par les petites gens pour un bidon jaune d’eau. Quelle insulte ! Dans l’enceinte du palais d’Iavoloha ! Rajoelina ne sait même pas ce qui se passe à Antananarivo ! Désespérant, car Rajoelina n’a même pas réagi comme il l’aurait fallu, en corrigeant cette anomalie grossière.

Les PTF se sont résignés, ils ont tout essayé, mais il n’y a plus rien à espérer de Rajoelina.

Quant au FFKM, le 15 juillet 2022, il a adressé un message aux fidèles.

Après avoir dressé un tableau très noir de la situation nationale, le FFKM a trouvé insuffisantes les actions de l’État. Il a même lancé une pique au gouvernement en lui demandant de réduire les dépenses inutiles ainsi que les « hetsika tsy mitondra voka-tsoa » (les shows stériles, les weraweras).

Vu l’ampleur des problèmes, il a estimé que le gouvernement est incapable d’y faire face tout seul. Le FFKM demande donc à toutes les forces vives de la Nation, qu’elles fassent partie du pouvoir ou non, de se concerter pour trouver des réponses aux appels de détresse de la population.

Le dernier synode de l’Église catholique malagasy s’est tenu la semaine dernière et elle est allée jusqu’à faire son mea culpa sur les maux qui minent l’Église, comme le manque de transparence dans la gestion financière au sein de l’église, ou le retard de la nomination des évêques. Ainsi que le manque de leadership et de gouvernance pour certains dirigeants de l’Église. On dirait les mêmes maux que ceux du régime Rajoelina.

Mais, on n’entendra jamais Rajoelina demander au peuple de le pardonner pour ses erreurs passés. Il n’a pas conscience que « Celui qui n’apprend pas de ses erreurs du passé, est condamné à les commettre dans l’avenir ».

Boule de cristal : Comment cela va-t-il se terminer?

Le FFKM qui a des yeux partout dans l’île, jusqu’aux plus profonds recoins de la brousse, entend la remontée des informations criant la détresse de la population : notamment une crise alimentaire persistante, voire des famines, des produits de première nécessité aux prix inaccessibles. L’insécurité est devenue alarmante, au vu de ces 32 personnes brûlées vives par des Dahalos dont les techniques évoluent rapidement. Ainsi, des gendarmes ont trouvé des chaussures de Dahalos auxquelles ils ont collé des sabots de zébus pour essayer de leurrer les pisteurs.

En fait, cet appel du FFKM à des concertations élargies signifie clairement qu’on ne peut plus continuer comme si de rien n’était et laisser le régime Rajoelina terminer seul son mandat, au risque d’aggraver davantage cette situation déjà suffisamment calamiteuse.

Au mieux, cela se passera comme en 2018 où Rajoelina ne sera plus qu’un président qui inaugure des chrysanthèmes (la seule chose en quoi il excelle !) jusqu’à la fin de son mandat.

Pour le FFKM, il n’y a plus le choix et il faut avancer. Il encourage les fidèles avec le verset d’Isaïe 35:3 « Fortifiez les mains faibles, et affermissez les genoux tremblants ». Autrement dit, plus d’hésitations ! Avancez !

« Tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée » (Mathieu 26:52)

Rajoelina a accédé à la tête de la HAT en 2009 par un coup d’État.

Il a ensuite arraché son élection aux dernières présidentielles, grâce à « un coup d’État constitutionnel » par l’organisation d’un coup de force quasi-insurrectionnel en 2018 et de multiples fraudes.

L’histoire serait-elle encore un éternel recommencement ?

Wait and see…

La Gazette

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