Une bonne partie du tronçon de la route d’Anosibe est en très mauvais état. Il s’agit notamment de la partie située près du plus grand marché de la capitale et qui est empruntée par les bus allant dans le sens Anosikely-Anosizato. Ce tronçon-là est plein de trous, et de l’eau boueuse, noire et nauséabonde y stagne. Et on ne parle pas des canaux bouchés, des bordures de route en état déplorable, etc. A titre de rappel, cette route a été reconstruite avec le concours de l’Agence française de développement (AFD) pour un montant de 11,6 milliards Ar dont la convention de financement a été signée le 13 décembre 2002. Ce qui signifie que le régime Ravalomanana a réussi à gagner très rapidement la confiance des bailleurs de fonds à peine quelques mois après la fin de la crise postélectorale. Ce n’est pas du tout le cas pour celui de Rajaonarimampianina. Mais il faut signaler également que si Marc Ravalomanana s’est empressé de reconstruire la route Anosikely-Anosizato et d’autres infrastructures sociales situées sur cet axe, sa femme, Lalao Ravalomanana actuellement à la tête de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) ne s’en soucie nullement.

Rappelons que la reconstruction de la route d’Anosibe n’a pas été la seule œuvre de l’AFD. Elle a vu la contribution de la CUA à hauteur de 158,4 millions Ar, contre 2,360 milliards Ar pour l’Etat. Comme quoi, la commune devrait être partie prenante dans un éventuel projet de réhabilitation de cette route, même si celle-ci fait partie de la RN1. L’entretien des routes nationales revient, en effet, au Fonds d’entretien routier (FER). Quoi qu’il en soit, d’aucuns se rappellent la fierté de Marc Ravalomanana d’avoir pu se pavaner avec son homologue d’alors, Jacques Chirac, pour inaugurer la route d’Anosibe en juillet 2004. Cet axe peut être considéré comme l’un des poumons économiques de la capitale qui génère 55% du PIB. Il compte le grand marché d’Anosibe où se déverse quotidiennement des tonnes et des tonnes de produits agricoles en provenance du Vakinankaratra, de l’Itasy et des communes situées dans les périphéries de la capitale. Quant aux quartiers qui bordent cet axe, ils abritent des moyens et riches grossistes en PPN qui côtoient des populations vulnérables. Comme quoi, la lutte contre la pauvreté dans la capitale doit passer, entre autres, par Anosibe et les autres bas quartiers qui concentrent les populations vulnérables.

Mais apparemment, la CUA a d’autres chats à fouetter que de jeter un œil sur ces quartiers. Elle préfère mener la guerre contre les marchands de rue, au lieu de chercher des solutions pérennes pour lutter contre la pauvreté, pour une urbanisation aux normes de la capitale, notamment en termes d’infrastructures socioéconomiques… Si maintenant, la circulation dans le centre-ville est plus ou moins fluide, elle ne réduit en rien la pauvreté des marchands de rue. Pire, elle peut obliger certains de ses marchands à se convertir dans des activités peu recommandables dont les vols et autres actes de délinquance et de crime, ou encore dans des activités nettement moins lucratives mais plus pénibles comme la lessive, la recherche d’eau potable pour les ménages non raccordés à l’eau courante, etc.

Fanjanarivo