Il faut le dire maintenant, sans fard et sans hypocrisie : Madagascar, selon des bailleurs de fonds dans les dîners en ville, est devenue « Un Etat voyou »… C’est le moins qu’on puisse dire. Les détournements de deniers publics, les enlèvements, etc., ont fait que l’île vient de toucher le fond. Lorsque nos ambassades sont ainsi laissées à l’abandon, cela veut dire que l’image de Madagascar est ternie à l’étranger, et qu’elle fait la risée dans les cocktails à Paris, à Washington, Tokyo...
En vérité, les caisses de l’Etat sont vides. Les prédateurs sont passés par là. Ni le chef de l’Etat ni le Premier ministre ne semblent s’en soucier. Cependant, Mahazoarivo s’inquiète de cet assèchement subit du Trésor public, et hésite à demander des comptes, des explications à Iavoloha. Et pour cause.
Bientôt, à ce rythme, tous les agents de la fonction publique ne seront plus payés. La faillite frappe à nos portes. Elle y est déjà, depuis longtemps. Si des bailleurs de fonds rechignent à élaborer un plan d’aide à long terme en notre faveur, c’est qu’ils craignent, entre autres, que des voyous hauts placés de la République détournent, à leurs profits, les millions de dollars ainsi versés…
En somme, toutes les portes sont, donc, fermées : Paris, Washington, Bruxelles, etc., nous tournent le dos. Encore heureux que le sommet de la Francophonie est maintenu, bien que certains chefs d’Etat et de gouvernement s’interrogent quant à la nécessité de venir à Antananarivo. Le doute plane sur cette rencontre, jugée inutile pour beaucoup.
Par ailleurs, au risque d’être taxé d’iconoclaste, les hommages diffusés, en boucle sur toutes les télévisions occidentales à l’égard du chanteur Prince, étonnent quelque. L’Afrique et Madagascar ont aimé Michael Jackson et David Bowie, mais pas tellement ou pas du tout ce Prince. Si seulement 2% (deux) des émissions TV, consacrées hier à cette star, étaient destinées à faire connaître la pauvreté dans le tiers-monde, on aura franchi un grand pas dans la compréhension de la misère des Africains…
Ainsi va la vie !
Franck Raharison