Même si les propos du Directeur d’Orange (les informations que nous avons publiées samedi : « corruption : Orange rackettée par les autorités » sont effectivement de lui) étaient traités le week-end, les milieux d’affaires et politiques ne parlent que des « commissions » de plusieurs millions d’euros exigées par les autorités pour le renouvellement de la licence d’Orange et l’enrichissement rapide d’un des dirigeants de l’Artec (.autorité de régulation des technologies de communication) alors que son prédécesseur n’a obtenu qu’une voiture 4x4.

Interrogé sur le sujet, le DG de l’Artec, Longin Rakotoarivelo, reste prudent. « A travers les déclarations du DG d’Ortange, nous ne pouvons que dire que tout un chacun est libre d’exprimer leurs impressions sur la situation à Madagascar. Il revient après aux concernés de prendre les mesures y afférentes. De la part d’Artec en tant qu’autorité de régulation du secteur des télécommunications à Madagascar, nous sommes encore en pleine discussion sur ce sujet actuellement », s’est-il contenté de dire.

En réalité, les déclarations de Michel Barré mettent mal à l’aise l’ensemble du Gouvernement car si les accusations du DG d’Orange portent notamment sur le précédent gouvernement, une bonne partie des anciens ministres sont reconduits. Si la compagnie de téléphonie est vraiment une entreprise citoyenne comme elle le prétend, qu’elle apporte les preuves de corruption dont elle sera victime. Si ces preuves existent vraiment, ce n’est pas de la délation de les montrer au public mais un devoir sinon une obligation afin de permettre au pays de redémarrer sur des bases saines.

On attend donc de voir si les révélations de M. Barré ne seraient en réalité que des affabulations. Ce qui est déshonorant de la part du dirigeant d’une grande société dont les accusations de corruption ne seraient qu’une excuse tout trouvée pour cacher un échec commercial. Le numéro 2 du gouvernement, Narson Rafidimanana (ministre auprès de la présidence chargé des Projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Équipement) ne mâche d’ailleurs pas ses mots à propos de ces décalartions du DG d’Orange. « Chacun peut dire ce qu’il veut, nous sommes dans un pays démocratique. Ils peuvent dire, mais attention, il ne faut pas dire de fausses vérités. Qui dit corruption dit corrupteur et corrompu. Où se mettent-ils ces gens-là ? Il ne faut pas créer la polémique. On doit faire des efforts pour la bonne gouvernance dans ce pays, à commencer par nous-mêmes (…).. Rome ne s’est pas fait en un jour, donc on doit continuer à faire les efforts qu’on a entamés depuis deux ans et on y arrivera. Il ne faut pas dénigrer pour dénigrer. Bien évidemment, il y aura toujours corruption dans le monde mais aujourd’hui, on met un peu plus le focus sur Madagascar. A propos des déclarations du DG d’Orange proprement dites, je ne connais pas le dossier de cet opérateur en question, mais dans le business je pense qu’il y a toujours des gens qui se sentent lésés par rapport aux autres. C’est la loi du business, je dirai. J’étais là-dedans auparavant et ce n’est pas pour cela qu’on doit dénigrer, on ne doit pas montrer du doigt parce que l’autre est plus élevé que soi. Je pense qu’on doit plutôt œuvrer pour avancer. Nous de notre côté, nous devons montrer l’exemple, nous devons vraiment faire les efforts qu’il faut, pour éradiquer petit à petit la corruption ».

A travers ces réactions, les pouvoirs publics semblent prendre en, main cette affaire d’orange Madagascar. La compagnie a-t-elle l’objet de racket qui n’est autre qu’une forme de corruption ? En attendant la suite de cette affaire, l’opinion se ramène à la position de Mamoudou Ndriandahy (secrétaire général de l’Organisation des plateformes de la société civiles), qui estime que les citoyens doivent être égaux devant la loi. Dans le cas présent si Orange Madagascar veut étendre son réseau haut débit en fibre optique à l’intérieur du pays, qu’elle s’acquitte, entre autres, des droits y afférents . A moins que la loi ait été aussi corrompue. Alors qu’on apporte les preuves !

D.R.