Le régime reprend sa traque des barons de la Transition qui sont accusés d’organiser des actes de déstabilisation. Cette répression répond à plusieurs objectifs. Tout d’abord, le régime a la prétention de couper toutes les sources de financement aux manifestants. Le problème est que le régime n’a pas compris que la contestation est généralisée et qu’il n’arrivera pas à circonscrire la propagation de l’incendie. Par conséquent, cette répression ciblée est aussi malsaine que mal dirigée. Ensuite, les dirigeants actuels tiennent absolument à se démarquer de la période transitoire, même s’ils en ont fait partie et même s’ils ont accédé au pouvoir grâce à l’appui d’Andry Rajoelina. Si celui-ci n’a pas voulu se plier au régime actuel, Hery Rajaonarimampianina va montrer qu’il compte régner sans partage et avec férocité. De plus, le régime veut démontrer qu’il n’est pas faible et que les forces de l’ordre lui obéissent. Le problème est qu’il est incapable de mettre en place un Etat fort. Il glisse de l’absence d’Etat à un Etat tout répressif. Par ailleurs, le lynchage des barons de la Transition constitue une diversion de plus. Eclaboussé par des scandales retentissants à répétition et incapable d’offrir de belles perspectives d’avenir, le régime n’a pas d’autre choix que de verser dans une répression absurde qui risque de lui revenir en pleine face. Enfin, ce harcèlement contre les barons de la Transition favorise le retour en force de Marc Ravalomanana qui sourit de satisfaction. Le laitier sait qu’il lui sera plus facile d’affronter et renverser le régime actuel plutôt que l’homme qui a causé sa chute.

Ranary et PN