Gilles Filiatreault, directeur général d’Air Madagascar, est tombé hier nez à nez avec Rado Rabarilala, pilote de cette compagnie. Le fait s’est passé sous les arcades de l’Avenue de l’Indépendance, près de l’entrée du siège d’Air Madagascar. Le directeur général s’en allait rejoindre son bureau qui se trouve dans les étages du siège d’Analakely. Le commandant de bord licencié manifestait comme à son habitude sur le site, flanqué de ses trois compagnons également licenciés. Petite friction lors du face à face car les deux adversaires ont eu l’échange suivant : Filiatreault : « Je n’ai pas peur de vous ! », Rado Rabarilala : « Moi aussi je n’ai pas peur de vous ! », Filiatreault : « On est égal alors… ». Sur ce, le directeur général a redémarré sèchement, en tournant le dos au pilote renvoyé.

Bref, la prochaine fois, les deux protagonistes pourraient ne pas se cantonner au stade de l’altercation verbale. L’un pourrait prendre l’autre par le col de la chemise et un échange de coups de poing pourrait se produire… On attend donc plus de tenue de la part de ces deux « champions ». Gilles Filiatreault devrait rejoindre son bureau de manière à ne pas toiser Rado Rabarilala, par exemple en empruntant un escalier dérobé. Rado Rabarilala de son côté devrait se tenir assez loin de l’entrée du siège, hors de la vue et des… poings du directeur général. Selon ce pilote licencié, en effet, Filiatreault l’a regardé « d’un air de défi, en roulant de gros yeux ». C’est dire que les deux adversaires ne sont plus loin d’une rixe. D’autant que l’un et l’autre ont une solide carrure de boxeur et ne manquent pas de punch. S’ils en viennent aux mains, le match international fera des étincelles et pourrait bloquer toute la circulation dans le centre-ville…

Notons que, suite à la grève générale de 2015 dont il était le meneur, Rado Rabarilala et ses trois compagnons ont été licenciés. Saisi, le tribunal administratif a statué pour la réintégration des quatre pilotes « fautifs ». Mais la direction générale d’Air Madagascar ne reconnaît pas au tribunal administratif une quelconque compétence sur le sujet. D’où le bras de fer entre le Canadien, Gilles Filiatreault, directeur général recruté en octobre dernier, et le leader syndical Rado Rabarilala et ses trois compagnons, privés de salaire depuis huit mois.