Des commentateurs de radios et de télévisions libres dans l’île, sonnent la charge contre les tenants du régime. Ils ne sont guère tendres ni tolérants à l’endroit des chefs de l’exécutif, à l’image de radio Antsiva (97.6) et celle de Viva (98.8), sans oublier la virulente Free FM (104.2). Trois stations, qui ne titillent ni ne taquinent plus le pouvoir, mais disent la vérité, toute la vérité à leurs auditeurs respectifs. Et ça fait mal. Bref, elles sonnent la charge, à leurs risques et périls, contre les injustices, la corruption, les détournements des fonds publics, l’insécurité. Dans tous les cas, notre titre est avec eux, nous les soutenons.

De fortes rumeurs signalent qu’un « putsch » aurait lieu avant la fête de l’indépendance, le 26 juin. Nous sommes quelque peu sceptiques sur ce point. Par contre, un mouvement de contestation, pour ne pas dire plus, n’est pas à écarter lors du défilé militaire, ce jour là, à Mahamasina. Qu’ils fassent, donc, cette parade militaire ailleurs…

A priori, pas de coup d’Etat en vue, car cela risque d’être automatiquement dénoncé par la communauté internationale, sauf que, cette fois-ci, celle-ci pourrait comprendre les motifs d’un tel mouvement d’envergure.

Ce qui semble tenir la route, du moins pour l’instant, est la grève générale - les agents de la fonction publique et les travailleurs des entreprises privées sont concernés. La grève de ces derniers est considérée, depuis la fin du règne de l’Arema, comme l’arme fatale pour contrer les abus de tous les barons du régime en place.

Toutefois, des leaders syndicaux que nous avons contactés ces derniers temps, versent dans la langue de bois : ils sont sceptiques quant à la réussite d’une telle grève, mais ne désespèrent pas, car une réunion informelle entre leaders syndicaux et chefs de parti, se tiendra après la fête du Travail, le 1er mai… Ils déplorent, quoiqu’il en soit, la division ou l’inconscience de l’opposition qui freine, dans son immobilisme, les avancées sociales et économiques du pays.

Autrement dit, c’est dans les prochains jours qu’on saura si tous les mouvements de protestation vont enfin unir leur voix pour une grève générale. Une grève toujours hypothétique, mais possible, faisable et probable…

Franck Raharison