Jirama: Encore des contrats signés en catimini !
Le retour à la bonne gouvernance est l'un des principaux engagements du régime Rajaonarimampianina envers le FMI. A la Jirama, dont la situation a été un des grands sujets débattus lors des négociations avec les experts de Bretton Woods, la bonne gouvernance reste pourtant sous délestage. Le temps peut-être de mettre en place les combines avant de se conformer à l'engagement.
Ce procès d'intention est d'autant plus fondé qu'à la compagnie nationale d'électricité, on continue de conclure des contrats très importants sans qu'on ait eu vent d'un quelconque appel d'offres. Et même s'il y en a eu, aucun résultat n'est rendu public.
Ainsi, la compagnie turque Aksa a annoncé officiellement mardi un projet d'installation d'une centrale thermique au fioul de 120 MW à Madagascar. Ce sera la plus grosse centrale jamais installée dans le pays et on ne peut que s'en féliciter d'autant plus que la compagnie turque ajoute qu'elle utilisera du matériel figurant déjà dans son patrimoine, ce qui va amoindrir les investissements et faciliter la réalisation du projet. Les travaux sont prévus de démarrer d'ici la fin de l'année et la première production dans un an avec une capacité de 700 000 MW/h. La Jirama fournira les terrains nécessaires, les licences, le fuel nécessaire au fonctionnement de la centrale et garantira l'achat de la production d'électricité sur une période de 20 ans.
D'après le communiqué officiel, Aksa a créé pour les besoins du projet une société dénommée Aksaf Power Ltd. La compagnie turque dit détenir 58,35% du capital et le reste à un partenaire malgache basé à... Maurice où la nouvelle société est enregistrée. Si ce n'est un manque de confiance des turcs envers le régime Rajaonarimampianina, c'est forcément un stratagème pour cacher les vrais partenaires du projet. Des Malgaches proches du pouvoir utilisent-ils une société écran mauricienne ?
On le saura très vite. En attendant, on souhaiterait aussi connaître le montant des investissements convenus. Ce montant est particulièrement important car c'est sur sa base et la capacité produite ainsi que la durée du contrat que devrait être fixés le prix de cession du kilowatt, acheté par la Jirama. Cela permettrait aux abonnés de comprendre les réalités et de réaliser les efforts à consentir en matière de tarifs.
C'est dans ce cadre qu'on exige aussi la transparence totale sur le projet de Sam Zormati de fournir une centrale thermique de 50 MW. Après s'être dégagé de la scandaleuse reprise de l'hôtel 5 étoiles d'Ivato au prix de 2 ariary, l'homme d'affaires franco-libanais n'abandonne pas son idée de se faire de l'argent à Madagascar. Ainsi ce projet de centrale qui ne serait que la suite de celle installée en Guinée par sa société dénommée K-Energie. pour une puissance installée de 75 MW, Sam Zormati annonce fièrement la faramineuse somme de 260 millions de dollars. On ne veut dire du mal de nos pauvres frères guinéens qui devront payer la facture d'une façon ou d'une autre mais personne n'accepterait de se faire arnaquer: d'après les spécialistes, les investissements sur les grosses centrales thermiques se calculent sur la base de 1,1 million de dollars par MW.
Le comportement de la Jirama qui refuse de communiquer sur ces projets en dépit de nos approches, explique peut-être tout. Il est vrai que la compagnie nationale ne fait qu'exécuter les ordres des dirigeants étatiques qui finiront irrémédiablement par se faire électrifier avec leur mauvaise gouvernance.
Salomon Ravelontsalama