Grand synode d’Antsirabe: La FJKM choisit son président

Les yeux des observateurs sont rivés sur Antsirabe, ville où se déroule actuellement le grand synode de l’Eglise protestante FJKM (Eglise de Jésus Christ à Madagascar).

Car lors de ces assises, qui se tiennent au temple FJKM Kamafa-Vatofotsy, les grands électeurs de cette entité ecclésiale vont renouveler le bureau national et désigner notamment le président. Il s’agit assurément d’un événement, car le rassemblement décidera de l’avenir d’une Eglise forte de cinq à six millions de fidèles et disposant de quelque 7 500 temples repartis sur tout le territoire et à l’étranger.

Il y va aussi du devenir d’une Eglise qui, ces dernières décennies, fut étroitement associée à l’histoire de la nation et qui a directement influencé les destinées du pays. Aujourd’hui, la FJKM est à la croisée des chemins en raison du départ des deux figures qui ont marqué de leur empreinte l’identité de l’association religieuse : le pasteur Lala Rasendrahasina, président, et l’ex-chef d’Etat Marc Ravalomanana, vice-président.

Conformément aux vœux de la majorité des fidèles et aussi des pasteurs, l’Eglise FJKM va tracer à Antsirabe la piste que désormais elle suivra : une action détachée de la politique politicienne et plus centrée sur la foi et l’initiative pastorale. En s’effaçant, Marc Ravalomanana et le pasteur Lala Rasendrahasina vont faciliter l’engagement de la FJKM dans cette nouvelle voie. On estime généralement que le président Hery Rajaonarimampianina, du temple FJKM d’Ambohinaorina (Sabotsy-Namehana) et Marc Ravalomanana, du temple FJKM d’Imerinkasinina (Anjeva) vont dans les coulisses se livrer à une sourde lutte d’influence pour placer leurs hommes dans le bureau national.

On notera que Marc Ravalomanana est revenu de ses illusions sur la puissance de la FJKM, car ayant solidement tenu en main cette Eglise, il fut quand même évincé de son poste présidentiel en 2009. S’il avance un poulain, il ne mettra pas dans l’affaire une conviction particulière. N’ayant guère fréquenté les hautes sphères de la FJKM, Hery Rajaonarimampianina n’a pas de son côté un candidat particulier à avancer et va se contenter d’énoncer de grands principes. Car souvent attaqué en raison de son inefficacité à la tête de l’Etat, l’homme serait comblé si la FJKM seconde ses vues sur le développement national (l’Eglise dispose d’un appareil éducatif et d’une branche active dans la production agricole et l’élevage) et sur la paix et la stabilité.

Notons que la FJKM est déjà allée dans le sens de ses vœux sur les « manifs » de contestation de Soamahamanina. Car alors que l’Eglise catholique s’est activement impliquée dans la défense des paysans spoliés de leurs terres par les Chinois, la FJKM s’est tenue à l’écart de l’effervescence même si elle est bien implantée dans le secteur. Apparemment, les thèses de Hery Rajaonarimampianina sont déjà reçues et appliquées au sein de l’Eglise…

Si c’est l’influence de Marc Ravalomanana qui prévaut, la présidence de la FJKM se jouera entre les deux personnalités suivantes : le pasteur Andriamampianina Zaka et le pasteur Irako Ammi Andriamahazo. Le premier notamment, pasteur du temple de Tanjombato et diplômé de management et d’administration répond aux souhaits de bonne gestion émis par l’Eglise. Si c’est l’ascendant de Hery Rajaonarimampianina qui l’emporte, le poste ira soit au pasteur Zarazaka Jean-Louis, soit au pasteur Tehindranarivelo Djacoba Emmanuel. Le premier, actuel vice-président et pasteur et directeur de collège protestant à Moramanga est bien placé en raison de son expérience des affaires à la tête de la FJKM. Notons effectivement que l’actuel chef de l’Etat, qui doit son triomphe électoral aux suffrages des zones côtières, privilégie dans ses nominations des personnalités provinciales. Et cela, en fixant un œil  sur 2018…

A.     R.

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