Démographie: 53% de la population ont moins de 20 ans

52,90% de la population malagasy ont moins de 20 ans d’après les données sur les faits marquants de 2016 de la Banque mondiale. Madagascar n’est pas une exception puisque l’Afrique est le continent le plus jeune du monde. Au Mozambique, les moins de 20 ans représentent 56,3% de la population, contre 56,8% en Zambie, 56,6% en République démocratique du Congo (RDC)… Cette jeunesse peut être une opportunité ou une menace pour chaque Etat. Si elle reçoit l’éducation et la formation dont elle a besoin, elle deviendra un important levier pour la croissance et le développement. Dans le cas contraire, elle sera un boulet très lourd à traîner car elle sera l’une des principales sources des troubles sociopolitiques. Pour le moment, c’est ce deuxième schéma qui prévaut à Madagascar. Qui sont, en effet, les « dahalo », les bandits et les pickpockets et autres délinquants ? Ce sont souvent des jeunes sans emploi, pauvres, non éduqués et ne bénéficiant d’aucun soutien pour mener des activités économiques rentables. Sur la Grande Ile, le chômage d’après la définition internationale est à un faible taux. Il concerne seulement 5,2% de la catégorie d’âge des 15-24 ans, contre 52,6% en Afrique du Sud, 40,7% au Mozambique, 11,9% en RDC, etc. Or, plus de 7 jeunes malagasy sur 10 sont pauvres.

En réalité, le chômage est fortement déguisé en emplois inadéquats et en sous-emplois à Madagascar. Et 8 travailleurs sur 10 sont en chômage déguisé, selon les données onusiennes. Ils ne perçoivent donc pas assez de revenu car doivent travailler moins de temps qu’il n’en faut ou sont affectés à des postes qui ne correspondent pas à leurs compétences. Les jeunes sont parmi les victimes du chômage déguisé. Les femmes aussi (58%). Quel cadeau ces catégories de la population attendent-ils des dirigeants en cette veille du nouvel an ? En principe, aucun. En effet, la part du budget consacrée à la jeunesse n’atteint même pas 1% du budget public pour 2017. Et encore ! Le ministère en charge de cette population consacre souvent une bonne partie de ce budget aux sports. Si les sports sont bons pour la jeunesse, de bonnes conditions de vie sont tout autant importantes pour elle. Et sans un revenu décent, les jeunes ne peuvent prétendre jouir d’un bon train de vie. Ils sont pourtant rares à bénéficier d’un appui en termes de formation, d’entrepreneuriat… Toutefois, des entités publiques travaillent sur l’entrepreneuriat sans pour autant s’y investir à fond. En fait, elles ne disposent pas des ressources nécessaires et il arrive aussi que leur mission se disperse dans d’autres domaines.

L’hypothétique maison de l’entrepreneuriat annoncée depuis plus de 2 ans ne voit pas encore le jour. Le pays assiste pourtant à l’arrivée de 200 000 jeunes par an sur le marché du travail. Si une bonne part de cet effectif jouit de soutiens divers, de nombreux jeunes pourront créer leurs propres entreprises. Sur le plan mondial, 1 milliard de jeunes supplémentaires vont arriver sur le marché du travail au cours des 10 prochaines années. Mais seuls 40% pourraient trouver un emploi. Comme quoi, la promotion de l’auto-emploi via l’entrepreneuriat est cruciale, notamment pour un pays jeune comme Madagascar.  

Fanjanarivo

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