Taxes aéroportuaires: James Andrianalisoa sur la sellette
Corruption de haut vol avec versement de rétro-commission. Ainsi qualifie la chaîne de télévision privée I-BC le contrat de concession des aéroports d'Ivato et de Nosy-be.
C'était lundi soir dans son journal télévisé que la chaîne a dénoncé le transfert en catimini et dans l'urgence de l'exploitation des deux principaux aéroports de Madagascar entre l'Adema et Ravinala Airports qui regroupe le consortium ADP ( aéroports de Paris), Bouygues et Meridian Africa. "C'est dans la soirée du 24 décembre qu'on a procédé au transfert", a rapporté le journaliste de service en se posant des questions sur la précipitation avec laquelle la procédure a été exécutée alors que la décision de l'ACM est, selon I-BC, contestée devant le Conseil d'Etat.
Ce transfert a été, en effet, ordonné par la décision n° 260 ACM/DG qui officialise le prélèvement d'une taxe aéroportuaire de 20 euros par passager sur les vols intérieurs et 38 euros à l'international par Ravinala Airports. Ne contestant pas le paiement d'une redevance, les professionnels des transports aériens et du tourisme jugent cependant les taux excessifs pour ne pas dire prohibitifs. "C'est totalement en contradiction avec la politique du Chef de l'Etat qui a fixé un objectif d'un million de touristes d'ici 2000", ajoute le journal en reprenant la perception générale.
La levée de boucliers contre ces taux est d'autant plus forte que d'aucuns sont scandalisés par le prelèvement des redevances bien avant le début des travaux de modernisation et d'extension des deux aéroports. Tel que nous l'avons relaté dans ces colonnes, Ravinala Airports n'a pratiquement rien fait jusqu'à présent. Les aménagements effectués pour accueillir le sommet de la francophonie ont été dans leur quasi-totalité réalisés par l'Adema sur ses fonds propres. "Il semble que le consortium n'a pas les financements nécessaires", commente I-BC qui évoque une corruption avec versement de rétro-commission. D'où la revendication pour "l'annulation du contrat et le lancement d'un nouvel appel d'offres".
Aucun nom n'est évidemment cité par la chaîne mais d'aucuns savent que le DG de l'ACM, James Andrianalisoa, est visé en tant que signataire d'une décision tres contestée. Quand on sait que ce haut responsable a une société à Paris où ses comptes sont mis au secret, le raccourci pourrait être vite fait. En fait, "La Gazette" elle-même qui n'a eu de cesse de condamner les combines et les mensonges dont sont victimes les transports aériens à Madagascar, ne s'étonne guère des récriminations d'I-BC. Ce qui surprend, c'est qu'elles viennent d'une des voix de son maître alors que la personne faisant l'objet d'une attaque, James Andrianalisoa, est réputée faire partie du premier cercle de Hery Rajaonarimampianina. Est-ce une des manifestations du cafouillage en haut lieu rapportés par les rumeurs?
Toujours est-il qu'en agissant ainsi, I-BC sait certainement ce qu'il fait en subissant elle- aussi la décision du DG de l'ACM qui va renchérir les prix des billets d'avion, le propriétaire de la chaîne, Andry Raobelina, n'étant autre que le co-propriétaire avec son frère de Madagascar Airways. Sachant que cette compagnie privée est la protégée du président Rajaonarimampianina, elle n'aurait porté l'affaire sur la place publique si elle n'avait pas eu l'aval du chef. Est-ce à dire que les jours de James Andrianalisoa sont comptés à la présidence? Toujours est-il qu'il se serait préparé à cette éventualité depuis en se faisant payer 900 euros par jour chez Air Madagascar puis d'importants transferts chez ACM.
Un an et demi après, le président de la République va-t-il donc satisfaire la revendication du personnel d'Air Madagascar qui avait exigé le limogeage du trio de fossoyeurs Henry Rabary-Njaka, Ulrich Andriantiana et James Andrianalisoa ?
Sa