Publié le 10 octobre 2019
A l’ère des nouvelles technologies d’information et de la communication, les informations circulent à grande vitesse qu’elles soient vraies ou qu’elles soient fausses. Ce qui étonne cependant énormément en ce moment c’est la facilité avec laquelle les mesures de répression sont prises parce que les internautes filment, font le buzz ou dénoncent les fonctionnaires des différentes administrations dans l’exercice de leur métier. Certes, il y a les corruptions flagrantes, pour ce faire il y a plusieurs manières de les dénoncer soit aller auprès du Bianco si on a confiance en l’organisme, soit sur les plateformes de dénonciation en ligne et autres, mais ces temps ci ce qui semble intéresser les férus du Net ce n’est pas de le faire par le biais d’i-toroka mais plutôt de filmer et de le mettre sur les pages facebook…l’idée est de rameuter le monde et très souvent tels des moutons de Panurge tout le monde se met à raconter leurs mésaventures avec justement ce fonctionnaire. Entre la réalité et l’affabulation, il n’y a qu’un pas. Le lynchage via réseaux sociaux est devenu une pratique courante à Madagascar…et bizarrement, pour faire le buzz aussi, l’exécutif se met à prendre des mesures drastiques : est-ce pour satisfaire les internautes ou réellement pour assainir l’administration ? Aujourd’hui les téléphones servent non pas tant à téléphoner mais à filmer, à enregistrer et à balancer sur le net. Cela a du bon, mais on se demande si c’est la bonne solution. Récemment il y a eu cette fameuse histoire de restriction de sortie des femmes et chacun y allait de son laïus pour critiquer les agents de la PAF ; du jour au lendemain, d’innombrables femmes disent avoir eu des problèmes avec les agents de la PAF ; du jour au lendemain tout le monde s’est mis à identifier des agents qui seraient les responsables de leur malheur…et le cas de lynchage via les réseaux sociaux a déjà été utilisé avec des agents de la douane. Les fonctionnaires qui font correctement leur travail et dont le fonctionnement de l’administration est inconnue des administrés vivent mal cette manie de gouverner via les réseaux sociaux et les mesures rapides prises par les responsables pour parfois satisfaire simplement les internautes. Par contre, lorsque les simples citoyens font également le buzz en réclamant des têtes de l’exécutif pour des défaillances flagrantes, aucune mesure n’est prise par le chef de l’administration ou le chef de l’exécutif.
D.R.