Publié le 24 mars 2020
Le confinement général a été décrété par le Président de la République dans la nuit du dimanche 22 mars dernier suite à l’annonce de l’état d’urgence sanitaire décrètée le samedi 21 mars dernier. Cela consiste en gros à ne plus sortir de son domicile et de limiter au maximum les va-et-vient à l’extérieur pour ceux qui sont obligées de passer outre, à savoir les personnels de santé, les agents des forces de l’ordre, les journalistes et tous ceux qui sont utiles pour aider l’Etat à combattre le coronavirus. Ce confinement est le moyen de limiter la propagation du virus. Comme ce dernier peut se contracter sans montrer chez la victime les symptômes de la maladie, il est difficile de deviner qui est déjà atteint. Un porteur sain, c’est-à-dire une personne qui a le virus en lui, mais qui possède des défenses immunitaires pour ne pas succomber, peut transmettre le virus à tous ceux qui sont en contact avec lui. Le porteur sain est sain, il ne ressent aucun symptôme et peut être convaincu qu’il n’est pas porteur du virus. Ceci est la première source d’erreur. Tous ceux qui continuent de circuler malgré le confinement peuvent être porteurs du virus. Ils le transmettront à leurs proches et ces derniers n’auront peut-être pas les mêmes défenses immunitaires qu’eux, ce qui les mettrait en danger de mort. Après la déclaration officielle du Président sur le confinement qui devait commencer hier, on constate que les rues sont bondées de gens qui circulent normalement sans être conscients du danger qu’ils représentent. En dehors des magasins et des épiceries censés vendre les produits indispensables au quotidien comme les PPN, on voit encore des étals de friperies, des quincailleries, des cyber-cafés, des multiservices, des locations et vendeurs de films en DVD, etc. des commerçants non indispensables pour le bon déroulement du confinement et qui s’obstinent quand même à vendre. Quelques véhicules des coopératives de transport publics ont encore travaillé. Certains ont été interceptés par les agents des forces de l’ordre, mais d’autres utilisent la ruse et ont réussi à se faufiler. Dans les stationnements de taxi-brousse, des foules se regroupent pour attendre l’occasion de rentrer chez eux. Cela compromet totalement les mesures de sécurité pour éviter la propagation du virus. Les foules se regroupent et se partagent de l’eau. Vers Ambatondrazaka et Antsirabe, une foule a décidé de joindre la ville à pied et est actuellement en route. Si parmi elle se trouve un porteur du virus, c’est toute une région et tout le pays qui seront infectés dans peu de temps.
Le premier jour de confinement peut être considéré comme une journée de tolérance pour permettre aux gens de faire des provisions et de faire des préparatifs. A partir d’aujourd’hui, l’Etat devrait être strict afin de préserver la santé de tout le pays.
T. Berado