La Gazette de la grande ile

Chronique de Razafilahy : Plan de relance économique : devoirs d’obligation d’abord

Publié le 30 mai 2020

Bien avant que l’invasion du coronavirus n’arrive à culminer à plus de 500 cas de contamination sur une population de plus de 25 millions d’habitants, Béchir Ben Yamed l’éditorialiste fondateur de l’hebdomadaire Jeune Afrique avait eu le reflexe prévisionniste de nous prévenir que «si l’épidémie fait plus de peur que de mal, il faut de suite s’occuper de l’après-coronavirus et de ses effets destructeurs sur les économies.» Il a même eu le réflexe de préciser «Il sera vaincu dans trois à quatre mois, mais ses conséquences économiques sont considérables. Nous devrions nous en préoccuper et leur chercher remède dès maintenant. (…) le nouveau coronavirus n’est pas beaucoup plus dangereux que la grippe saisonnière. Mais, comme elle, il peut tuer les plus fragiles d’entre nous. Oui, la panique provoque plus de catastrophes que le virus lui-même.» Et que «sur les cinq continents, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on se pose la même question : comment se protéger de ce mal effrayant et nouveau ? »

Il s’agit d’une préoccupation importante sinon vitale pour la vie de n’importe quel pays. Les pays d’Europe se sont entendus pour subvenir ensemble aux coûts des mesures envisagées de concert avec l’ensemble des membres de l’Union Européenne. En Asie et dans Nouveau Monde c’était le chacun pour soi. Sur le continent africain, réaction imprévisible pour les grandes puissances économiques, un début de cohésion et de solidarité obligera une certaine opinion internationale de taxer à tort «le chef de l’État malgache de panafricaniste opportuniste,…» Après les pièges d’une rencontre avec deux grands noms du paysage médiatique parisien très suivi par le public du monde entier, pour l’opinion africaine, «le président Rajoelina sort grand vainqueur de son intervention. Il a su notamment, disent-ils, défier publiquement l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et a pu prouver aux yeux du monde sa volonté de faire fi des mises en garde de cette organisation internationale…».Attitude d’une institution révisée par la suite…Nombreux sont les observateurs qui sont enclins à reconnaître que «lui, au moins, il a eu le courage de dire que comme il n’y a pas d’autres solutions meilleures provenant d’autres pays, il y a le médicament trouvé à Madagascar,…» On ne peut pas passer sous silence que malgré cette forme d’harcèlement de barrage tisane produite par le concert des scientifiques et l’IMRA, a fait ses preuves au point d’avoir pu bloquer du moins pour le moment les ravages mortels du COVID-19. Sans que les responsables étatiques perdent de vue les options d’une détermination en faveur de la relance économique pour faire face à un futur qui ne s’annonce pas facile pour tous. Si les confédérations professionnelles du secteur privé s’alarment et font beaucoup de bruits autour d’un dispositif purement social pour le personnel en agitant comme un épouvantail sous le nez du régime, ce n’est point pour l’obtention de «l’indemnité chômage exceptionnelle liée à la crise du Covid-19 prévoyait le paiement - au minimum - de la moitié du salaire des employés. » Si la presse fait état du fait que «Thierry Rajaona, le Président du Groupement des Entreprises de Madagascar, regrette le rejet du texte et veut croire à une incompréhension entre le gouvernement et le secteur privé », alors que celles-ci «ont cotisé pendant des années, ont payé leurs impôts et en période de crise, »…Si Thierry Rajaona, le fossoyeur de la privatisation en général, à cause d’un passé pas très net est loin d’être l’interlocuteur valable et convaincant pour espérer un retour d’ascenseur de la part du pouvoir public. Et ce n’est pas quelques magouilleurs et affairistes de haut vol qui pourront dicter aux autorités centrales les options en général et le volet social d’urgence adéquat qu’il faut « pour éviter de laisser une grande partie de la population plonger dans la misère créée par la crise qui s’envient ». Les entreprises auront intérêt tout d’abord à revoir leurs attitudes légales vis-à-vis du fisc sans oublier ces micmacs et fraudes catastrophiques qui n’ont jamais permis à ce pays de se prévaloir d’une recette fiscale honorable et salutaire pour le budget d’un pays réputé très riche en ressources naturelles et halieutiques. Lesquelles de ces entreprises qui ambitionnent de jouir des mannes financières peuvent se vanter de vouloir participer spontanément pour venir au secours de Madagascar avec des rapatriements de devises et des transferts dans le sens du retour de ces avoirs cachés dans quelques comptes secrets des paradis fiscaux ? Dans le cas contraire, taisez-vous ! Le pari est ouvert.

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