La Gazette de la grande ile

Edito : A quoi bon si les mesures d’accompagnement ne sont plus respectées ?

Publié le 10 septembre 2020

Prolonger l’état d’urgence sanitaire est devenu comme un réflexe pour les gouvernants. Les Malgaches ont fini par s’habituer à ce que le Président de la République prononce le même refrain à chaque discours. Serait-ce peut-être dû au fait que de nouveaux cas de la Covid-19 ne cessent d’être constatés ou parce que l’Etat en a tout simplement décidé ainsi. Et même si tout cela est quelque part lié à notre politique de lutte contre la crise, encore faut-il noter que cette dernière ne risque malheureusement pas d’être résolue d’ici peu. Pratiquement, les citoyens commencent à ne faire qu’à leur tête et ils montrent clairement qu’ils n’ont rien à faire de toutes ces mesures d’accompagnement qui s’imposent dans le pays.

Alors que les divers responsables ne cessent de rappeler que le port de masque est obligatoire sous peine d’exécution de travaux d’intérêts généraux, il semblerait que ça n’intimide plus personne. Ces personnes qui croient être aux dessus des normes et des éventuelles sanctions qu’on pourrait les infliger, quitte même à négliger leur propre santé. Résultat, le port de masque est devenu une simple formalité pour ces dernières lorsqu’elles passent par exemple devant une brigade de la gendarmerie ou lorsqu’elles entrent dans des salles où des agents sont spécialement chargés de procéder au contrôle sanitaire des visiteurs. A part cela, qui ne connaît pas que les réunions de plus de 50 personnes sont formellement interdites en raison de l’état d’urgence, mais certains parviennent toujours à trouver des moyens pour détourner les règles. Et ceux-ci ne sont que des illustrations, car concrètement, presque toutes les mesures d’accompagnement de l’état d’urgence sont bafouées.

Sur ce point, il importe de comprendre que les agents chargés de contrôler toutes ces mesures ont peut-être failli à leur mission, et ce malgré que les individus pourraient également être négligents à leur tour. En effet, nous constatons qu’actuellement, les agents de la police nationale ordonnent de moins en moins des travaux d’intérêts généraux à l’égard des personnes qui ne prêtent plus attention au port de masque. Et il en est de même en matière de sécurité routière, car les conducteurs publics qui ne respectent plus les gestes-barrière sont rarement sanctionnés. De ce qui précède, il serait peut-être temps de se demander si le prolongement sans cesse de l’état d’urgence sanitaire a encore de l’intérêt, vu que toutes ses raisons d’être ne sont plus prises en compte comme il se doit.

Hariantsa R.

 

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