La Gazette de la grande ile

Horreur judiciaire : Le bêtisier de la politique

Publié le 26 novembre 2020

Au mois de janvier 2018 toute la presse faisait relatait à la Une que «la justice française a indiqué aux autorités malgaches qu’elle donnait suite au mandat d’arrêt international émis le 4 janvier envers Houcine Arfa. Comme un coup de tonnerre en plein jour d’été, un bon matin le monde entier se réveille avec le verdict de la justice française en faveur d’Houcine Arfa dans le dossier concernant les abus et mauvais traitements que lui avaient infligé son ancien patron Hery Rajaonarimampianina et ses proches collaborateurs durant la présence de ce dernier à la Présidence de la République de Madagascar. Dans un article titré «Houcine Arfa : Innocenté par la justice française »publié le 16 novembre dernier notre journal publie «Coup de théâtre ! Alors que l’affaire était presque tombée dans l’oubli, un des substituts du Procureur de la République de Paris vient d’ordonner un classement sans suite des plaintes déposées contre Houcine Arfa. Dans la même notification de classement sans suite, ce même substitut affirme que le Parquet français va dénoncer officiellement les actes commis par les individus qui ont dépouillé, torturé et accusé à tort un citoyen français en la personne d’Houcine Arfa.. ».

Juste de retour de manivelle pour Houcine Arfa, «un ancien proche de la présidence ». A l’époque l’exploit de ce personnage principal d’une rocambolesque évasion avait fait les choux gras de la presse. Illustre inconnu selon pour le grand public, il était pourtant «L’ombre du président» après été recruté vers novembre 2015 par le président en personne pour s’occuper de la formation de la garde présidentielle en prévision du Sommet de la Francophonie à Antananarivo. Rapporté par les médias il a même révélé : « J’avais la confiance totale du président ». « C’était l’ombre du président. Il rentrait dans son bureau sans rendez-vous », décrit maître Christian Raoelina, son avocat malgache. Que s’est-il donc passé pour que selon les dépêches de ce temps-là il a accusé « depuis Paris, la ministre de la Justice de lui avoir extorqué 70 000 euros pour son évasion. Elise Rasolo, la Garde de Sceaux, a porté plainte pour diffamation contre Houcine Arfa. Mais elle est aussi mise en difficulté. Le syndicat des magistrats de Madagascar a saisi lundi le CSM, Conseil supérieur de la magistrature. Il réclame la démission d’Elise Rasolo qui, impliquée dans cette affaire, ne peut être juge et partie.(…)Le Syndicat des magistrats de Madagascar a aussi saisi le BIANCO, le Bureau indépendant anticorruption qui est en train d’enquêter. » Du côté malgache, les réactions étaient couvertes par un corporatisme inquiétant et un silence complice. « Certains ministres, conseillers spéciaux, magistrats, policiers et agents pénitentiaires de l’ère Rajaonarimampianina ont du souci à se faire. Leur premier tort est d’avoir sous-estimé Houcine Arfa… »

Avec cette réaction de la justice française à laquelle plus personne ne s’attendait étant donné les charges et les insinuations divulguées à dessein par Antananarivo, les immondes activités commises en coulisse par les dirigeants ,du parti HVM remontent à la surface. Les dépêches sur cette affaire faisaient état d’un Houcine Arfa qui « dérange par sa connaissance précise des crimes et délits (assassinat, trafics d’armes et d’or, détournements de deniers publics et infractions douanières) commis par certains ministres et conseillers spéciaux et par les fils de Hery Rajaonarimampianina. Après avoir été rackettés, Houcine Arfa et son épouse parviennent à quitter le territoire malgache de manière rocambolesque. Houcine Arfa fait alors l’objet d’une première plainte des autorités malgaches pour évasion. Arrivé en France, via Mayotte, Houcine Arfa dénonce activement, par médias interposés, les extorsions de fonds et les sévices dont il a été victime dans la Grande Ile. Les magistrats malgaches concernés s’empressent de déposer une seconde plainte contre Houcine Arfa pour diffamation publique envers un particulier.» En faisant usage de l’amalgame et d’accusations abracadabrantes finalement les personnalités qui voulaient le couler et le discréditer ont réussi à le faire condamner pour « détention d’arme et de munitions, association de malfaiteurs, tentative de kidnapping et usurpation de fonction à la suite d’un différend financier avec un ancien ami, il est mis en détention provisoire à la prison de haute sécurité de Tsiafahy. Dans cette maison de force, qu’il qualifie de « véritable camp de concentration », 900 personnes sont incarcérées pour une capacité de 350 détenus. Un seul repas par jour : 200 grammes de manioc. L’homme a perdu 19 kilos en prison. …Réalisant qu’il était «victime d’un complot fomenté par les conseillers du chef de l’Etat, une situation qui a poussé cet homme «spécialiste en stratégie militaire ayant exercé en France, à Dubaï et dans plusieurs pays d’Afrique » à organiser sa propre évasion, il met son plan à exécution et à pu quitté l’île sans encombre. Les mêmes sources ajoutent «Depuis son évasion, le Français multiplie les accusations à l’encontre de hauts responsables malgaches, dans les médias français. Il dit avoir versé 30 000 euros à Odette Balisama Razafimelisoa, procureure de la République. « C’est la procureure qui proposait ses tarifs. Elle n’est pas venue me voir et je ne l’ai pas vue. C’est Ostrom [Ostrom Whens, chef de la Brigade criminelle] qui m’a dit “Si tu veux sortir, ça vaut tant mais je vais négocier avec elle”. Au début elle avait demandé beaucoup plus que 30 000 euros. Mais vous savez, pour elle, 30 000 euros c’est pas excessif, à certains elle demande 50 000 euros ! A la fin, Ostrom m’a dit : “Ecoute Houcine, elle en veut 30 !”, raconte-t-il. » De tous ces faits à première vue condamnables est né ce qui les médias parisien appelleront jusqu’à ce jour « L’ Arfagate ». Il s’agit de l’histoire des agissements très révélateurs sur la moralité des personnalités d’une période de notre qui ne manquera pas de connaître un dénouement retentissant par qu’en France on ne blague pas sur « les actes commis par les individus qui ont dépouillé, torturé et accusé à tort un citoyen français ». On peut se demander d’ores et déjà où iront-ils se cacher ces tortionnaires à la solde de Hery Rajaonarimampianina ex-président en exil doré quelque part. Surtout qu’au départ on en voulait surtout à Houcine Arfa parce qu’un mari jaloux l’avait chargé de surveiller la Première Dame qu’il soupçonnait celle-ci de le tromper avec Mbola Rajaonah…Pour le punir, des personnalité influentes l’ont mis en prison. Ces exilés en France doivent s’inquiéter pour leur avenir car pour Houcine Arfa la vengeance sera un plat qui se mangera à leur dépendant derrière les barreaux d’une prison française.

Noel Razafilahy

 

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