La Gazette de la grande ile

Ministère de la Jeunesse et des Sports – INJ : Soupçon de malversation financière

Publié le 02 février 2021

Suite à notre article de jeudi dernier (cf : La Gazette de la Grande île du 28/01/21), intitulé : Lovatiako Ralaivao : « Rien que des projets en échec », les choses s’accélèrent et les révélations se succèdent au sein du département de la Jeunesse et des Sports. La dernière en date fut une révélation sur paraît-il, une descente de l’Inspection Générale de l’Etat (IGE) au bureau du Secrétaire Général (SG) du Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), Lovatiako Ralaivao jeudi dernier, et un soupçon de malversation financière au sein de l’établissement de formation, l’Institut National de la Jeunesse (INJ) à Carion, un établissement rattaché au Secrétariat Général (SG) du MJS.

En effet, selon une source bien informée et qui veut bien sûr garder l’anonymat, il semblerait que l’INJ fait actuellement l’objet d’un soupçon de malversation financière. D’après notre source, en 2020, l’INJ a reçu de l’Etat malgache, une subvention d’un montant de six cent millions d’ariary (600 000 000 ariary), l’équivalent de trois milliards de francs (3 000 000 000 fmg) pour le fonctionnement et la formation des étudiants en Inspecteurs de la Jeunesse. Là où le bât blesse est qu’en 2020, il n’y a jamais eu le moindre étudiant en formation à l’INJ, et la question coule de source, où sont donc passés les trois milliards d’ariary de subvention destinés à la formation à l’INJ. D’après notre source, cette subvention est l’illustration parfaite du fameux « retour de transfert » au MJS. Un retour de transfert des subventions allouées aux établissements rattachés au MJS et dont le mécanisme est le suivant. Les subventions sont versées aux établissements rattachés au MJS. A charge pour ces derniers de transférer l’argent au TAFITA, un organisme de financement du sport et de la jeunesse, et rattaché au MJS. De TAFITA, le retrait de l’argent se fait à qui de droit, généralement, le Secrétariat Général, le patron des organismes rattachés, en liquidité s’il vous plaît. A partir de là, l’on pratique le fameux, 60-40. C’est-à-dire, 60 % de l’argent destiné à qui de droit et 40 % de l’argent pour l’établissement en question.

D’après notre source, cette pratique à l’INJ est également ce qui se passe à la Direction des Sports Etudes. Cette Direction a reçu également, a continué notre source, une subvention (pour le retour de transfert) pourtant, il n’y a jamais eu d’étudiants en formation aux Sports Etudes.

En matière de jeunesse dit-on, la même pratique est également observée. Les subventions en matière de jeunesse et qui se chiffrent en 2020 en milliard (un milliard d’ariary), l’équivalent de cinq milliards de francs (5 000 000 000 fmg) a révélé notre source, est retiré de TAFITA en argent liquide pour le fameux « retour de transfert ». Ces derniers temps, d’après notre source, ces milliards ont été dépensés dans quelques localités seulement dans le Sud, dans ces fameuses soi-disant missions pour la jeunesse et qui consistent en réalité à distribuer des scies, marteaux etc… aux maisons des jeunes.

Idem pour les fédérations sportives

Cette pratique courante au MJS du « retour de transfert », est aussi valable chez le mouvement sportif. Selon des sources concordantes, les subventions du ministère pour les « appuis aux fédérations sportives » sont versées au TAFITA. Et de cet organisme de financement du sport et de la jeunesse, l’on retire l’argent en liquide. Et à partir de là, le principe du 60-40 est la règle. Et c’est cette pratique qui dit-on incite les présidents des fédérations sportives à se foutre des contrôles du MJS, malgré le texte en vigueur (Décret 2000/72-MJS), relatif à l’agrément, à la délégation de pouvoir, aux modalités de contrôles et de sanctions, des groupements sportifs.

Autre aberration sur ce point, et qui renforce la thèse de la pratique à outrance du « retour de transfert » au MJS, pendant deux ans, aucun responsable du ministère n’a daigné nommer le Directeur du Sport fédéral (DSF), malgré que cette direction ait reçu dit-on régulièrement des subventions et selon la révélation de notre source, c’est l’actuelle Directrice Générale des Sports (DGS) qui assure l’intérim du DSF. Du jamais vu, un DG qui assure l’intérim d’un Directeur.

F.A.R

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