Publié le 08 février 2021
Le système de vente en ligne se vulgarise à Madagascar. La plateforme la plus utilisée pour faire ce genre de commerce reste Facebook, un réseau social conçu pour se parler entre amis et connaissances. A Madagascar, des pages dédiées à la vente se sont créées. Les plus populaires sont les pages dédiées aux matériels informatiques, aux motos et aux scooters, aux voitures et autres véhicules, aux produits pour la coiffure et l’esthétique, à la cuisine et à la restauration. La création de ces pages a facilité la vente et l’achat, notamment pour les Malgaches éloignés des principaux lieux de vente. Les consommateurs des 22 régions ne sont plus obligés de se déplacer pour trouver un produit quelconque. Toujours dans cette optique de facilité et de rapidité, le paiement en ligne via Mobile Money s’est également développé pour devenir l’allié des vendeurs en ligne. Cependant, comme pour chaque nouveau système lucratif qui se crée, les malfaiteurs trouvent toujours un moyen de s’enrichir en arnaquant les gens.
Le paiement en ligne est en vogue grâce à sa procédure rapide. Il est également censé être sécurisé. On ne se promène plus avec du cash et cela réduit le risque de se faire attaquer. Cependant, cette rapidité peut également être le point faible de ce système de paiement. En effet, un responsable des kiosques de Mobile Money peut parfois être submergé de travail quand il y a affluence. Il arrive qu’il ne puisse plus suivre le va-et-vient de plusieurs envois et réceptions d’argent. C’est là que les arnaqueurs entrent en action. Ils copient les messages originaux des transferts d’argent et les envoient vers le numéro du kiosque en y mentionnant une certaine somme d’argent, dépassant le million d’ariary. Une fois que le message parvient au responsable du kiosque, le malfrat l’appelle en lui disant qu’il y a eu erreur dans la somme à envoyer et que le responsable doit immédiatement renvoyer la somme qui dépasse, car c’est urgent. Le responsable du kiosque, en étant submergé, renvoie l’argent sans prendre la peine de vérifier le solde dans son compte, alors que le message envoyé par l’arnaqueur était juste un message copié et pas un envoi d’argent. Les détails peuvent changer, mais cette nouvelle arnaque se base toujours sur la saturation de travail du responsable du kiosque. Dès fois, c’est un vendeur en ligne qui se fait piéger, comme ce fut le cas d’un vendeur d’ordinateur portable samedi dernier. D’après lui, « un homme habitant en province a commandé un ordinateur en ligne. Une fois la vente conclue pour la somme de 500.000ar, le vendeur devait livrer l’ordinateur à Antaninandro chez le fils de l’acheteur. Une fois sur place, l’acheteur a dit qu’il allait envoyer l’argent via Airtel Money, mais le vendeur n’avait pas de compte Airtel money. Il a été obligé de se rendre au kiosque Mobile Money le plus proche. Une fois sur place, le responsable du kiosque a reçu un message mentionnant que son compte a été crédité de 1.500.000ar. Aussitôt, l’acheteur l’a appelé en disant d’envoyer la différence d’argent, c’est-à-dire 1.000.000ar, à son fils car il en avait besoin. Le responsable a envoyé l’argent sans hésitation. C’est après qu’il s’est aperçu que son compte a été débité de 1.000.000ar, mais n’a jamais été crédité. Immédiatement, il a appelé l’acheteur et son fils, mais les 2 téléphones étaient déjà injoignables. Il a alors porté plainte contre moi et j’ai passé 48h au violon. J’ai dû rembourser les 1.000.000ar pour qu’il retire sa plainte. ». C’est en somme une forme d’arnaque élaborée avec pincette qui a fait 2 victimes à la fois.
Cette forme d’arnaque est avant tout la conséquence des ventes de carte SIM dans les rues sans qu’aucun enregistrement ne se fasse. Il n’y a aucun moyen de retracer les arnaqueurs qui utilisent ces cartes SIM. Aussi, les opérateurs mobiles devraient mettre en place un système de sécurité pour éviter ce genre d’arnaque.