La Gazette de la grande ile

Gouvernement : Voir plus loin que le bout de son nez

Publié le 10 février 2022

La signification de cette expression désigne une personne qui n’a aucun recul, manque de clairvoyance et vit au jour le jour sans se soucier du lendemain. Malheureusement, cette expression résume l’attitude du gouvernement actuel. Aucune vision claire de l’avenir, et aucune perspective à offrir aux opérateurs ou à la population

Le Covid 19 ?

C’est le train-train depuis plusieurs mois. Pas d’état d’urgence sanitaire. On ne sait pas quels variants sont présents ou dominants !

Faut-il se faire vacciner ou se contenter du CVO comme le leader bienaimé et sa famille ? Faut-il se résigner à subir le protocole Didier Raoult Azithromycine/Hydrochloroquine dont tous les essais cliniques ont démontré l’inefficacité contre ce coronavirus ?

Il ne semble plus y avoir de restrictions pour le transport du corps d’un mort de covid d’une région à une autre. En revanche, les passagers en provenance de l’Etranger doivent toujours présenter un test PCR négatif qu’ils aient un schéma vaccinal complet ou non, subir un autre test PCR à l’arrivée ainsi qu’un confinement de deux jours à l’hôtel. Les autorités malagasys doivent certainement savoir que l’on aborde les passagers internationaux à leur arrivée pour leur demander s’ils veulent un test négatif, auquel cas il faut payer 50€. C’est le coût de l’assurance de n’avoir à rester confiné plus de deux jours à l’hôtel. Personne ne s’en étonne plus, car cela semble la normalité.

Seuls les aéroports d’Ivato et de Nosy Be sont ouverts aux vols internationaux.

Pour Ivato, deux vols par semaine pour Air France, Air Madagascar et Air Austral. Les vols Air Mauritius ont été arrêtés depuis le 27 novembre 2021 pour cause de la situation pandémique de Maurice. Seulement, on apprend au détour d’un fait divers (une ressortissante malagasy qui a accouché dans l’avion) qu’il y a tout de même des vols d’Air Mauritius avec des passagers, dont aucune explication n’a été donnée par les autorités.

Pour Nosy Be, seul un vol hebdomadaire d’Air Italy est autorisé, privilégiant l’hôtel Andilana beach. Pourquoi Air Austral n’a-t-il pas l’autorisation d’y atterrir comme à Ivato ? Mystère et boule de gomme ! Les opérateurs touristiques interpelés par les touristes réunionnais ne comprennent pas. Le flou total , car il semble ne pas y avoir de politique claire!

Visibilité

Afin de pouvoir planifier leurs activités, les sociétés ont besoin d’un minimum de visibilité. Actuellement, il est présomptueux d’essayer d’établir un budget prévisionnel, car il est impossible de se projeter au-delà de quelques jours. Evidemment, aucune aide à attendre de l’Etat ! Plutôt, plusieurs tentatives de racket de la part du fisc.

Bref, tout se passe actuellement comme s’il faut vivre avec le covid, mais il ne faut surtout pas le dire. Certains en mourront, d’autres survivront avec peut-être des séquelles. Que voulez-vous, ainsi va la vie à Madagascar ! Certes, le gouvernement est submergé par les problèmes engendrés par Batsirai. Néanmoins, n’est-ce pas du devoir des ministres également de donner un semblant d’indication sur le futur, des repères sur la sortie de cette crise Covid. Il est vrai qu’avec les ministres actuels ce sera difficile tant ils semblent débordés par leur quotidien. De surcroît, Rajoelina vient de donner instruction à tous les ministres d’aller diriger les travaux de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures malmenées par Batsirai. Aucun ministre ne devra rester à Antananarivo à partir de vendredi, et tous ces ministres vont « jouer » au chef de chantier dans les zones sinistrées ! Pendant ce temps, ces ministres n’exerceront pas leurs responsabilités habituelles qu’ils ont déjà du mal à assumer. Il ne faudra pas leur tomber dessus plus tard s’il y a des contrefaçons. Le Président ne pourra s’en prendre qu’à lui-même, comme pour ces WC de l’ECAR Fianarantsoa qui n’ont pas été reconstruits alors que c’était estampillé « projet présidentiel »!

  1. le leader bienaimé,

Pouvez-vous continuer avec un ministre de la météorologie qui affirme qu’un cyclone va être plus dévastateur parce que ce cyclone-là a un œil ! Quelquefois, il vaut mieux la fermer et se faire prendre pour un C.. que de l’ouvrir pour montrer qu’on en est un.

Pouvez-vous vous permettre de garder un ministre de la justice qui semble passible d’accusation de corruption et qui a tenté maladroitement de le maquiller ?

Pouvez- vous laisser une ministre violer la Constitution en faisant du prosélytisme dans un bureau officiel et ânonner dans une langue inconnue ?

Pouvez-vous garder le même ministre chargé des mines après toutes ces exportations illicites récentes ?

Pouvez-vous…… ?

Un Etat ne meurt jamais de ce qu’il fait, mais plutôt de ce qu’il ne fait pas. Alors M. le leader mamim-bahoaka, de grâce faites quelque chose. Madagascar ne peut pas se permettre un nouveau blocage comme ces camions à Ottawa au Canada ou à Wellington en Nouvelle Zélande, ou ce qui risque d’arriver ce weekend en France.

Le président du GEM Thierry Rajaona a fini par dénoncer les agissements du fisc en menaçant d’attaquer l’Etat auprès de la justice. Le président du GEFP (Groupement d’Entreprises Franches et Partenaires) Hery Lanto Rakotoarisoa s’y met également et dénonce les redressements fiscaux infligés à 56 sur 114 de ses membres, dont pour certains des redressements équivalents à 3 années de chiffres d’affaires. Serait-ce le début de manifestation de l’exaspération de ces opérateurs excédés qui refusent désormais de se laisser tondre par l’administration ?

Demain, comment la population réagira-t-elle après le désespoir créé par le manque d’eau, les inondations, les délestages, les prix des PPN devenus exorbitants, l’insécurité croissante. Et comme seule réponse, la digitalisation des carnets de fokontany ou le téléphérique !

Et surtout, la population ne peut même pas compter sur cette administration publique : la note pour la rubrique « qualité de l’administration publique » est de 2,5 sur 6, inférieure à la moyenne et égale à celle obtenue pour la rubrique « transparence, redevabilité et corruption dans le secteur public » dans l’évaluation des politiques et des institutions nationales CPIA 2020 par la Banque Mondiale !

Le petit timonier ferait bien de se méfier de l’eau qui dort, avant que demain elle ne déborde!

La Gazette

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