Publié le 08 juin 2022
Pour une fois, la Gazette ne peut qu’approuver les dernières déclarations de Rinah concernant son limogeage « Le ministre aurait dû faire une lettre auprès de son homologue de l’Economie et des Finances pour demander un remplacement avec des noms précis pour ses nouveaux représentants car on ne peut pas laisser des sièges vides dans un tel organe».
Effectivement, laisser trop longtemps des sièges vacants est plutôt signe de mauvaise gouvernance. Selon la pratique habituelle dans la fonction publique, ces derniers 60 ans, le décret de nomination du nouveau titulaire abroge en même temps celui de son prédécesseur. Cela permet la continuité du service public. Pourtant, tous les comptes rendus des conseils des ministres actuels comportent une 4ème partie consacrée uniquement aux abrogations sans nominations, laissant vacants de nombreux postes.
Ainsi par exemple depuis le dernier conseil des ministres du 1er juin, il n’y a plus de directeur du protocole au ministère des affaires étrangères, ni de directeur de la cellule anti-corruption au ministère de l’Intérieur, ni de DG de l’ANDEA (serait-ce à cause de l’affaire des poissons suicidés de QMM ?), ni de directeur administratif et financier au ministère de l’Artisanat.
Ces abrogations sans nouvelles nominations se font généralement lorsqu’on constate une faute grave du titulaire qui oblige le ministre à s’en séparer immédiatement afin de limiter les dégâts. Les fonctionnaires abrogés sans successeur le prennent comme des sanctions.
Quelle faute grave aurait par exemple commise l’ex-ambassadeur malagasy au Japon Mireille Rakotomalala (sinon qu’elle avait été nommée par l’ex-président, si c’est une faute) méritant qu’on l’ait limogée en 2019 juste après la visite de Rajoelina au Japon? A ce jour, son successeur n’a toujours pas été nommé !
Combien de postes vacants depuis plusieurs mois comme de nombreux postes d’ambassadeur, le DG de la Jirama, de l’ACM, de la Cnaps pour ne citer que ceux-là ?


Selon Rinah Rakotomanga, Madagascar Airlines est une « société anonyme avec des actionnaires, non directement l’Etat, mais qui collabore avec l’Etat. Nous avions auparavant cinq réunions avec le président de la République, bien que Madagascar Airlines soit une entreprise à gestion privée ni aucune intervention directe du ministère. Madagascar Airlines reste une compagnie nationale car elle est locataire des actifs d’Air Madagascar ».
Très confus et mériterait des éclaircicements !
-Si demain par exemple, la compagnie GS Aviation loue les actifs d’Air Madagascar à la place de Madagascar Airlines, deviendrait-elle pour autant une compagnie nationale ?
-Qui sont ces actionnaires de Madagascar Airlines, qui ne sont pas l’Etat, mais collaborent avec lui ? Le public a droit à la transparence totale là-dessus.
-Rinah se contredit elle-même, lorsque d’une part elle réclame l’application de la loi 2003-036 sur les sociétés commerciales quant à l’indépendance de la gestion de Madagascar Airlines, et d’autre part elle parle de décisions de conseil des ministres et d’instructions du président.
-Madagascar Airlines a donc emprunté en 2020 5 millions de dollars auprès de la BOA pour réparer l’A340. Où est maintenant cet A340 après plus d’une année ? Quel est le sort du 2ème A340 ? Rinah qui parle de gestion de bon père de famille !
-Qui fait quoi maintenant ? BA BA de la gouvernance !
Où sont les B737 400 promis pour fin mai 2022 par Ranjatoelina ? Il ne voulait plus des ATR72 alors qu’il ne parlait que de 6 ATR 72 après son dernier voyage en France ?
A330 ou B787 ? B737-400 ou Embraer ?
-Qui a nommé les organes dirigeants de Madagascar Airlines et qui sont-ils ? En particulier le Directeur Général ? Ou bien ce poste est-il resté vacant et c’est Mme Rinah qui profite de la situation et s’est auto proclamée? En tout cas selon le personnel, elle fait fonction de DG et agit comme telle.
La Gazette renvoie dos à dos Rinah Rakotomanga et Ranjatoelina pour l’aspect gouvernance et espère que Rajoelina aura réglé cette histoire de gouvernance d’Airmad et/ou Madagascar Airlines avant son départ pour la France. Et que cette fois, il ne dira pas « il n’y pas de problème qu’une absence de solutions ne finisse par venir à bout ».
Mamimbahoaka participera certainement au Forum National sur le Foncier prévu se tenir les 8, 9 et 10 juin 2022, dont il a souligné à juste titre l’importance cruciale dans sa lettre aux ministres du 25 mai 2022 https://www.presidence.gov.mg/actualites/communiques/1589-fanamafisana-ny-ady-amin-ny-kolikoly-sy-ny-fiarovana-ny-fananan-tany.html .
Selon cette lettre, “Parce que la clarification du statut des terrains revêt une importance capitale et constitue l’une des conditions nécessaires pour la promotion et l’expansion des investissements et permettre aux propriétaires de jouir de leurs terres et de les exploiter en paix. L’amélioration du secteur foncier a également un impact sur l’évolution de l’environnement des affaires. Et surtout, elle doit apporter la paix sociale à la population. C’est cela qui nous permettra d’atteindre les objectifs fixés, de développer l’économie à Madagascar, comme déjà indiqué dans le PEM. La gestion foncière doit devenir un levier pour développer Madagascar. Notre objectif est une Justice juste, transparente et proche des citoyens”.

Les aspects concernant les litiges fonciers et le système judiciaire tiendront certainement une place importante dans ce forum.
Rajoelina, en tant que promoteur de ce forum et président du CSM, ne peut pas décemment partir en France avant la fin de ce forum. D’autant plus que le SMM a exprimé son opposition formelle à la création d’un éventuel ordre de juridiction distinct spécialisé sur le foncier, suggestion défendue par Mamimbahoaka. Y aura-t-il un bras de fer ?
Les rumeurs selon lesquelles il partirait ce soir pour la France, ne sont probablement destinées qu’à médire une fois de plus contre lui. Il doit être vacciné, car ce ne sera ni la première ni la dernière fois !
Tout ceci dans l’attente des résultats de la dernière mission du FMI, des nouvelles mesures introduites dans la LFR et surtout des futurs prix à la pompe.
La Gazette