Publié le 02 juillet 2022
Après 60 jours d’une session marquée par un absentéisme qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des observateurs, les députés vont quitter Tsimbazaza avec le sentiment hypocrite d’avoir accompli leurs devoirs vis-à-vis de la République. Mais est-ce qu’ils se sont vraiment acquittés des obligations parlementaires prévues par la Constitution ? La réponse est non quand on constate les faits avec indignation. Des textes ont été votés avec quelle majorité ! Durant les séances plénières, on peut compter sur les dix doigts de la main ceux qui avaient le courage de pointer leur nez pour faire acte de présence sans beaucoup de conviction. La majorité requise pour l’adoption des lois était à des lieux de l’endroit prévu pour leurs attributions. L’opinion au début faisait à peine attention à cette école buissonnière pour laquelle le budget de l’Etat jetait de l’argent par la fenêtre pour assurer à des compatriotes pourtant élus pour servir la nation.
Au fil des jours, les commentaires devenaient de plus en plus agressifs que personne ne pouvait accepter des comportements aussi méprisants envers et aux yeux du peuple. Personne ne semblent penser à appliquer des sanctions, pourtant prévues par le règlement intérieur sur le fonctionnement de l’Assemblée Nationale. Au cours de la rencontre entre le gouvernement et les pensionnaires de Tsimbazaza, ces absences (sûrement pas justifiées par le moindre prétexte) éclataient au grand jour au vu et au su de tous (grâce à la magie des retransmissions télévisées des évènements). Les électeurs ont la mauvaise surprise de constater que la personnalité à qui ils avaient fait confiance pour porter leurs aspirations légitimes et leurs griefs devant un gouvernement sujet à des oublis coupables se sont servis à distance de la téléphonie mobile pour s’exprimer…Il s’agit d’une ruse qui obéissait à deux raisons. D’abord, c’est pour éviter par pure lâcheté d’affronter un face à face avec les membres du gouvernement sur des sujets épineux qui faisaient souffrir la population. Ensuite, s’il faut croire les rumeurs persistantes qui circulaient et que confiaient sous le sous le sceau de l’anonymat leurs pairs, de très fortes sommes auraient été distribuées (le conditionnel est de rigueur) pour que ce beau monde reste « planqué » loin de Tsimbazaza pour les besoins d’une cause inavouable.
L’objectif était d’éviter d’ indisposer par leur présence tels ou tels membres de l’équipe gouvernementale, des « veaux qui traînent » des casseroles pas très propres et des dossiers pourris sur les octrois affairistes et abusifs de marchés publics. La tactique avait si bien marché que seul un député trop zélé ou peut-être pour jouer un rôle figurant avait pris la peine de toucher mot aux blocs de fer qui, à la faveur des tours de prestidigitations ministérielles, ont pris la place des lingots d’or saisis. Des mauvaises langues généralement bien informées racontent même que la tonne d’or que Fidiniavo Ravokatra prétend avoir placé à la Banque Centrale aurait aussi disparu (le conditionnel est de rigueur pour ne pas citer nos sources). Quoi qu’il en soit, cette 1ère session parlementaire de l’an 2022 restera mémorable en mal dans les annales de l’histoire de Madagascar. Un exemple pas très honorable pour les générations futures. C’est dans un contexte aussi délétère que le Président de la République et sa famille choisissent de partir en vacances.