La Gazette de la grande ile

Madagascar : champion des grèves

Publié le 06 juillet 2022

Selon le dictionnaire Larousse, la grève est une cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles dont l’employeur a connaissance. C’est aussi, une cessation volontaire par les salariés, en vue de défendre leur statut acquis.

Maintenant que vous avez les bases, peut-on dire que ce qui se passe chez nous est normal ? La grève est partout et dans tous les secteurs, public et privé, mais dans cet article, nous allons faire le point sur deux domaines.

Éducation

C’est l’affaire de toute la nation et la base du développement de toute société. Malheureusement, dans la Grande Ile, c’est le premier domaine à être victime de la mauvaise gouvernance. Il ne se passe pas une seule année où les enseignants et les étudiants ne fassent pas grève. La raison ? Salaires, indemnités ou bourses non payées. La plus récente revendication est celle des correcteurs de l’examen officiel BEPC qui n’ont pas été payés depuis deux ans, affirment-ils. Celui du SECES et bien sûr, n’oublions pas les étudiants d’Ankatso et de Vontovorona.

C’est le futur de nos enfants et de notre société qu’ils détruisent.

Ministère des Affaires Etrangères (MAE)

Le 24 juin 2022, les agents du ministère des Affaires étrangères disent entrer en grève et annoncent un service minimum aussi bien au sein du département central qu’au niveau des représentations malgaches à l’étranger. Dans l’Édito de la Gazette de la Grande Ile du 27 juin, on parlait d’une revendication qui détonne mixée au contexte actuel (inflation galopante et imminence de la hausse des prix des carburants). Outre le non-paiement de leur salaire, ils réclament l’arrêt des discriminations raciales au sein de ce ministère. Ont été également cités : « L’application effective des dispositions régissant la carrière de ses membres, notamment le système de rotation et d’affectation entre le Département central et les représentations extérieures de Madagascar pour les agents diplomatiques et consulaires, ainsi que la perception des émoluments dont la dotation a déjà été approuvée par le Gouvernement et dont le budget correspondant est déjà inscrit dans la Loi de Finances au titre du budget du MAE. »

Dans le contexte incertain que vit le pays, tout peut arriver – tout est à craindre. La population est tellement dépassée par la situation actuelle qu’elle trouve et pense que la seule solution est de faire grève, pourtant, c’est le gouvernement et l’administration dirigée par le sucré du peuple et ses ministres corrompus qui sont à blâmer.

F. Ntsoa

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