La Gazette de la grande ile

Proxénétisme : L’éradication de la pauvreté comme unique solution

Publié le 02 décembre 2022

Le conseil des Ministres du mercredi 30 novembre rappelle que le proxénétisme est formellement interdit par la loi, que ce soit directement ou soit par internet. Or, l’on sait déjà que la loi malgache interdit le proxénétisme. Mais la prostitution en elle-même n’est pas formellement interdite, excepté la prostitution infantile, considérée comme crime pédophile. La lacune c’est que la loi n’arrive pas à suivre l’évolution des opportunités de business en ligne notamment de l’industrie du sexe dans la transition numérique. La digitalisation du commerce marketing échappe parfois aux fiscalités et le cadre juridique de la cybercriminalité, si ce cadre existe, nécessite des campagnes de communication. Prenons l’exemple des sites, pages ou groupes de rencontres et les endroits libertins naturistes. Des proxénètes c’est-à-dire des personnes malveillantes prostituent toujours des mineurs ou des jeunes filles à des fins d’escroquerie. L’énième rappel de la loi n’est pas la solution à ce phénomène.

Le gouvernement n’est jamais parvenu à résoudre ce fléau. Le rappel du cadre juridique est une échappatoire des dirigeants. Il faut chercher le fond du problème. Pourquoi tant de gens deviennent-ils des proxénètes ? Parce que beaucoup de filles préfèrent vendre en ligne ou hors ligne. Pourquoi y a-t-il tant de jeunes filles intéressées pour faire le travail ? Il faut trouver la raison et trouver une solution autre que simplement signaler que c’est illégal. Généralement, c’est la pauvreté extrême qui pousse les mineures à se prostituer. L’éradication de la pauvreté s’avère donc une urgence. Une étude de l’Institut national de la statistique (Instat) et de la Banque mondiale faisait état d’une perte d’emploi dans 10,1 % des ménages durant la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Les impacts de la crise sanitaire ont fortement conduit à l’augmentation des travailleuses de sexe. Le système de réinsertion sociale est peut-être une solution, et non pas le rappel du cadre juridique dépassé par internet ou par la transition numérique. L’association « Miharo » qui œuvre dans le domaine humanitaire à travers son projet, a décidé de redonner de l’espoir à ces jeunes filles en prenant en charge leur avenir professionnel.

Nandrianina

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