La Gazette de la grande ile

Bien trop corrompue pour être juste

Publié le 19 décembre 2022

Madagascar n’a jamais été champion en matière de justice équitable, il faut le souligner. Mais depuis quelques années, la détérioration du système judiciaire malagasy est de plus en plus tangible. Avec plusieurs affaires de corruption impliquant des hauts dirigeants de l’Etat, des scandales étouffés délibérément par des magistrats ou des hauts fonctionnaires du ministère de la Justice, et des affaires douteuses impliquant même le Garde des sceaux. C’est devenu une mauvaise habitude de la Justice malagasy.

L’affaire qui suscite le plus les commentaires en ce moment est l’affaire de trafic illicite de 73,5 kilos d’or. En effet, trois ressortissants malagasy sont appréhendés à l’aéroport OR de Johannesburg en Afrique du Sud en janvier 2021 en possession de 73,5 kilos de lingot d’or en essayant de les acheminer à Dubaï. Il est vrai qu’une semaine après, les autorités malagasy sont montées au créneau et ont fait une demande d’extradition pour les trois citoyens malagasy et les 73,5 kilos d’or. Mais en vain, car les autorités sud-africaines refusent cette demande et jusqu’à présent, les trois individus sont toujours incarcérés en Afrique du Sud et des rumeurs disent même que les lingots d’or sont déjà aux mains de leur véritable propriétaire et que la totalité des 73,5 kilos d’or sont d’ores et déjà à Dubaï. Pourtant, le procès s’est ouvert à Madagascar le mercredi 14 décembre dernier en début d’après-midi au niveau de la Cour criminelle du pôle anti-corruption d’Antananarivo (PAC). Sans les principaux accusés ; c’est-à-dire les 3 hommes interpellés qui sont toujours retenus en Afrique du Sud, ni les principales pièces à conviction qui sont les 73,5 kilos d’or. Un assez étrange procès quand même ! Après trois jours de procès, la Cour criminelle du PAC a rendu un verdict qui condamne neuf personnes dont le pilote de l’aéronef qui a transporté l’or et des anciens responsables de l’aviation civile de Madagascar (ACM), et qui relaxe seize autres personnes. Pour l’opinion publique, ce verdict n’est qu’un écran de fumée pour dissimuler la situation réelle de cette affaire.

Beaucoup d’autres affaires, surtout de corruption, gangrènent le système judiciaire de Madagascar. En début d’année 2022, l’affaire de corruption impliquant le ministre de la Justice de l’époque, Imbiky Herilaza, ne fait qu’accentuer le gouffre de la corruption à Madagascar. Le nom du ministre de la Justice a été cité, avec celui d’un autre membre du gouvernement, dans une grosse affaire de racket qui s’élèverait à des centaines de millions d’ariary. Ce qui a conduit le ministre à démissionner le vendredi 11 février dernier. Un numéro un de la Justice contraint de démissionner pour une affaire de racket et de corruption, c’est un signe que rien ne va plus dans la Justice malagasy. La population se méfie d’elle et c’est la principale raison de la multiplication depuis quelque temps, des vindictes populaires.

Ravo

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