La Gazette de la grande ile

Aires protégées : La gestion sera bientôt scrutée minutieusement !

Publié le 08 juin 2020

Le mot est lâché ! Dans le dernier quart d’heure de l’émission débat sur RTA du samedi dernier, la ministre de l’environnement et du développement durable Vahinala Raharinirina lance : ” il mérite de voir la responsabilité de certaines gestionnaires des Aires protégées dans la dégradation actuelle de l’environnement”. Quelques minutes après, elle annonce que son département ne restera pas les bras croisés : “le ministère procédera à un bilan nation des actions de ces gestionnaires des Aires Protégées, et de retirer le contrat de gestion en cas de défaillance”. Ces propos supposent la tenue bientôt d’un bilan mené scrupuleusement par le ministère sur les activités des gestionnaires de AP. En un mot, le MEED tient à assurer pleinement sa fonction de premier responsable de la conservation de l’environnement dans le pays. Dans cette optique, le ministère géré par Vahinala Raharinirina n’a fait aucun état d’âmes dans la lutte contre les infractions environnementales, depuis le temps de confinement et les démembrements dans les régions se sont mobilisés dans le cadre de la campagne “tolérance zéro”. Bien que l’Alliance Voahary Gasy (AVG), défenseur de la gouvernance trouve encore une défaillance auprès du monde judiciaire, la ministre rassure que des efforts ont été commis. Sur un autre ton, la locataire d’Antsahavola précise que “le MEED n’est pas une machine à sanction. Nous connaissons les problèmes de certaines personnes qui font irruption dans les Aires protégées, mais nous ne laissons pas faire. Du fait que criminalité ne rime pas avec populisme, d’autant plus que nous sommes en pleine réforme et il faut oser la concrétiser”. Touchant les Aires Protégées, le premier responsable du MEDD s’indigne à certaines critiques comme quoi l’Etat ne fait rien devant la dégradation actuelle de l’environnement. Plus grave est que ces propos émanent de certains responsables des gestionnaires des AP “alors que pratiquement, ont-ils respecté les principes de gouvernance des aires protégées comme stipulés dans le Code de gestion des AP ?” Ce code mentionné dans la loi 2015-05, affirme que les gestionnaires doivent contribuer au développement économique et social pour la génération future. Il y est marqué entre autres la transparence et le principe de responsabilité du gestionnaire vis-à-vis des parties prenantes et du public. Bref, les AP sont-ils des leviers socio-économiques garants du développement durable ou antiéconomique ne rapportant rien à la population ? L’annonce de la ministre Vahinala Raharinirina s’adresse plus aux gestionnaires privés. L’idée semble partagée par Ndranto Razakanarimana (AVG) qui a participé à ce débat du samedi soir. Y ont été présentes aussi Claudie Razafintsalama présidente du GNEFM (Groupement national des exploitants forestiers de Madagascar) et Alexandra Rasoamanana jeune militante au profit de l’environnement et membre de MYBN (Madagascar Youth Biodiversity Network). En incluant des professionnels des forestiers et des gens issus de la société civile dans cette émission débat sur RTA, le MEED entend renforcer la participation de la société civile dans la réforme de l’administration environnementale et forestière.

Recueillis par Nandrianina A

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