Publié le 31 octobre 2020
Comme durant les élections communales, cette fois-ci encore, le risque est trop grand quant à l’espérance d’une victoire des candidats sénateurs présentés par l’IRD. Ce n’est pas pour le plaisir malsain de jouer au devin qui prétend pouvoir lire l’avenir dans une boule de cristal que nous affirmons d’une manière catégorique que face à un sénateur redoublant pour concurrent, la liste conduite par Mino machin chose risque de rater la coche et aller doit contre le mur d’un refus majoritaire des grands électeurs. Pour plusieurs raisons qui, au préalable, auraient dû dissuader les dirigeants du parti au pouvoir à miser sur un cheval boiteux. Déjà l’intéressé avait mauvaise réputation auprès de la population antsirananaise à cause des activités qu’il exerce dans le cadre des opérations d’exploitation abusive des octrois de marchés publics et surtout la pression d’un favoritisme trop souvent mal supporté par les services financiers locaux. Profitant à fond et même de manière exagérément illicite des relations influentes avec les personnalités comme la Vice-présidente de l’Assemblée nationale, ce fils d’un homme politique fameux n’a pas su prendre pour modèle l’itinéraire et le parcours institutionnels de son père. C’est bien dommage !
Dans le contexte actuel du climat politique qui règne dans le pays tout entier, après la victoire indiscutable d’Andry Rajoelina pour arriver à la tête de l’Etat, les résultats des élections communales ont sérieusement ébranlé l’édifice du régime en place dans les régions lointaines qui vouent pourtant une confiance légitime au Chef de l’Etat. Voici pourquoi… A cause toujours des mauvaises habitudes des personnalités, ces courtisans opportunistes qui se prennent pour des commissaires politiques et érigent un véritable tour d’ivoire autour du Président de la République pour verrouiller tout le système et en tirer des profits égoïstes au détriment de l’image d’Andry Rajoelina. Parce que la députée Jocelyne et consorts se sont permis de ne choisir comme futurs maires que des «inconnus du bataillons» ou des personnages sans aucune crédibilité, mais qui les arrosaient abondamment sur le plan financier sans tenir compte du déficit de sympathie des électeurs et de la population envers des arrivistes qui, finalement, sont tombés sur le bec et permis le succès d’un rival à la Mairie au Conseil Municipal de la capitale du Nord. Dans les autres communes également, la débâcle était une véritable honte pour le parti au pouvoir. Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’on aligne en première ligne un prétendant au mandat de Sénateur qui, selon des observateurs lucides et connaisseurs en matière de réalisme politique, est condamné à un échec incontournable. La formation portant la couleur Orange aurait bien pu pousser au devant de la scène n’importe quel débutant, mais surtout pas un opérateur économique fameux pour avoir trempé dans les trafics d’influence les plus divers et obligé des fonctionnaires à favoriser ses caprices pour l’obtention de juteux octrois de marchés dirigés sous pression vers les intérêts de ce dernier. Pour quelqu’un qui cherche à rempiler face à une nouvelle tête créditée de la confiance des grands électeurs, l’actuel locataire d’Anosikely Bematana n’aurait eu aucune chance de passer la rampe. Mais dans les conditions actuelles avec des maires et des élus communaux indépendants (majoritaires de surcroit) que Nino et ses protecteurs avaient traités comme des moins que rien, le mal est fait… Rien que pour lui fait payer le mépris qu’ils ont dû endurer lors de la campagne électorale des communales, les grands électeurs seraient prêts et ne se feront pas prier pour barrer la route à ce jeune prétentieux à qui, ils ne manqueront pas de rendre la monnaie de la pièce. Parce qu’en politique, au pays de feu Kobesy, on a la rancune tenace et la vengeance ne se mange pas froid, mais congelé. Si l’actuel sénateur élu en tant que candidat Indépendant dans le temps arrive à bien manœuvrer par solidarité entre Indépendants pour amener de son côté les personnalités que son concurrent avaient traitées avec dédain dans le temps, le nom de Bematana pourrait figurer parmi les membres du Sénat qui verront les années restantes du mandat d’Andry Rajoelina. Eventualité que l’actuel locataire d’Iavoloha prendra en considération, puisque comme tout homme politique qui se respecte, il ne fera sûrement pas la fine bouche pour briguer un second mandat. Les résultats de ces élections de décembre prochains serviront pour mesurer les poids des forces en présence à l’horizon 2023… Surtout que dans d’autres régions, les candidats parachutés par les Tinoka Roberto du côté de Toliara et Irma dans la province de Toamasina, risquent de créer des mauvaises surprises, sinon des déceptions. Sauf miracle des ententes de dernière heure…
Noël Razafilahy