Publié le 17 septembre 2021
Nirina Ravelohanitra pourrait rentrer dans le livre Guiness des Records. En effet, elle détient le record du nombre de condamnations pénales pour une ancienne parlementaire. Ses condamnations pour escroqueries et abus de confiance se succèdent et se ressemblent pour des faits remontant à l’époque où elle était gérante de la société Smart Cargo qui a mis la clé sous la porte. Elle promettait à des opérateurs économiques de prendre en charge l’importation, le transport maritime et le dédouanement de leurs marchandises achetées en Chine. Elle exigeait d’eux une avance mais ne remplissait pas ses engagements. Plus de cinquante personnes ont été victimes des agissements frauduleux de Nirina Ravelohanitra et de son frère Alfred Rakotonirina.
D’innombrables plaintes ont été déposées et instruites. Quelques-unes d’entre elles ont abouti à des condamnations. Cependant, l’exécution des condamnations et la clôture des enquêtes consécutives aux autres plaintes s’est heurtée à l’immunité parlementaire de Nirina Ravelohanitra élue entre-temps député à Antsirabe II. Elue sous l’étiquette indépendante mais soutenue par le TIM, elle n’a eu aucun scrupule à basculer par opportunisme dans le Parti Vert puis dans le camp HVM. A la fin de son mandat électif et après sa défaite aux élections législatives de février 2019, certaines poursuites pénales à son encontre ont repris leur cours. C’est pourquoi on assiste aujourd’hui à une succession de condamnations qui font d’elle une récidiviste. Les victimes des infractions commises par Nirina Ravelohanitra, en rapport avec Smart Cargo, qui n’ont pas introduit une action pénale dans les délais légaux, peuvent toujours engager une action civile contre elle et son frère.
Nirina Ravelohanitra n’est pas au bout de ses ennuis judiciaires car pendant son mandat de député, elle a aussi escroqué des gens concernant des terrains à Antsirabe. Elle fait également partie de la liste des 79 députés qui ont reçu des mallettes bourrées d’argent durant le précédent régime. Ses amis (notamment Voahangy Rajaonarimampianina et Charles Andriamiseza) n’étant plus aux commandes pour la protéger comme au bon vieux temps, Nirina Ravelohanitra va continuer à répondre de ses actes devant la justice. Il est probable que son avenir ne soit fait que de brèves périodes de liberté ponctuées par de longs séjours en prison. Après avoir été placée deux fois sous mandat de dépôt, elle va devoir purger ses condamnations à des peines d’emprisonnement ferme, à moins qu’elle ne parvienne à s’enfuir à l’étranger comme elle le planifie.
PN