La Gazette de la grande ile

Trafic d’Or - Les patrons peuvent attendre : les petits poissons d’abord !

Publié le 01 mars 2022

Toute la journée de dimanche dernier dans la capitale, les rumeurs bruissaient sur l’incident qui a coûté la vie à un habitant de la lointaine ville d’Amboasary. Fidèle à son habitude, le Premier ministre Christian Ntsay arrive sur le lieu, médecin après la mort pour jouer le pompier alors que les responsables locaux ont déjà éteint le feu et su éviter le trouble de l’ordre public. Puis hier, ce fut au tour de ces trafiquants étrangers et un compatriote, arrêtés pour trafic d’or et de bois de rose, d’attirer l’attention de l’opinion. D’habitude, les acteurs de ces activités prohibées par nos lois ne font pas l’objet de tant d’égards. Pourquoi ? … Le public était intrigué par la discrétion qui entoure l’identité de ces individus. Pourtant lorsque le suspect est de nationalité malagasy, comme Raïssa (une compatriote), on fait un tam-tam terrible sur son nom. Attitude teintée de favoritisme douteux envers des présumés malfaiteurs étrangers… Après les successions de mauvaises surprises qui ont suivi la saisie de presque 50kgs d’or, d’une certaine quantité de drogue et des paquets de devises aux Comores ainsi que les révélations faites officiellement par l’ex-ministre ministre Imbiky Herilaza avant cette démission qui a fait couler beaucoup d’encre et jaser les observateurs, on papote beaucoup dans les salons.

Sorti d’ un silence très diplomatique, Auguste Parainy au micro de Gasikara Fenosoa sur les antennes de la Real TV, a suscité divers commentaires sur les déclarations qu’il avait faites sur sa version à propos de certaines affaires liées à la vie publique et aux péripéties des suites données au trafics d’or en général et aux dysfonctionnements des affaires judiciaires en particulier. Pour cet ex-ambassadeur, le jeune magistrat chargé de la difficile mission(réussie) d’extrader sur Madagascar les deux trafiquants d’or épinglés par la justice comorienne , serait victime d’un retour de manivelle orchestrée par une organisation de malfaiteurs. Plus direct, le chroniqueur vedette de Radio Antsiva n’a pas mâché ses mots pour pointer du doigt les parrains de la mafia du trafic d’or et de drogue qui en veulent à l’ancien ministre de la Justice d’avoir fait foirer le projet d’exportation illicite de 2 tonnes d’or à destination de Dubaï, dans le cadre des financements d’opérations transnationales de déstabilisation en Afrique et peut-être aussi aux Comores et pourquoi pas, à Madagascar. Pour le moment, les services officiels et les forces de l’ordre doivent s’occuper des petits poissons des leurres pendant que les gros poissons, les requins de tous les trafics, prennent le large. Jusqu’à ce jour, les trafiquants notoires, les grands noms de ces activités mafieuses (Daya, Stéphane Kamis, Siteny Randrianasoloniaiko et les autres) connus des services du Bianco et de la Direction des Opérations Financières (D.O.F.) ne sont guère inquiétés. Quel sort a-t-on réservé à ces personnes et sociétés délinquantes en la matière que le Chef d’Etat en personne avait dénoncées publiquement. Est-ce qu’on est en train de leurrer la justice avec des minables petits trafiquants pendant que les caïds, ces grands patrons quittent le pays pour changer d’air ailleurs ?

Noël Razafilahy

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